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En 30 ans, les océans ont gagné 9 cm et leur élévation s’accélère sous l’effet massif de la fonte des glaces

En seulement trois décennies, la mer a gagné plusieurs centimètres. Surtout, son élévation s’accélère. Derrière cette progression silencieuse se cache un bouleversement physique majeur. En effet, la chaleur accumulée et la fonte massive des glaces continentales produisent déjà des effets mesurables.

Ville côtière bordée par la mer, exposée à la montée du niveau des océans liée au réchauffement climatique
Les villes littorales font face à une élévation progressive du niveau de la mer, conséquence directe du réchauffement climatique et de la fonte des glaces continentales – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Pourquoi la hausse de 9 centimètres en trente ans confirme une accélération inquiétante du niveau des océans

En trois décennies, le niveau des océans a grimpé d’environ 9 centimètres. À première vue, ce chiffre paraît modeste. Pourtant, à l’échelle du globe, il représente des milliards de tonnes d’eau supplémentaires. Ainsi, les littoraux et les deltas densément peuplés subissent déjà cette pression croissante.

De plus, les relevés satellitaires montrent une accélération continue depuis le milieu des années 2000. Autrement dit, la mer ne monte pas à rythme constant. Elle progresse toujours plus vite. Par conséquent, cette tendance confirme l’intensification du réchauffement climatique et ses effets cumulatifs.

Comment la dilatation thermique et la fonte des glaces terrestres alimentent concrètement la montée des océans

D’abord, il existe un mécanisme souvent méconnu, la dilatation thermique. Lorsque l’eau se réchauffe, elle se dilate. Or les océans absorbent plus de 90 pour cent de l’excès de chaleur lié aux émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, même sans apport d’eau supplémentaire, leur volume augmente.

Ensuite intervient un second moteur, bien plus visible, la fonte des glaces terrestres. Les calottes du Groenland et de l’Antarctique fondent à un rythme soutenu. De plus, les glaciers de montagne reculent presque partout. Par conséquent, d’immenses quantités d’eau douce rejoignent les mers.

Depuis le milieu des années 2000, cette contribution dépasse celle de la seule dilatation thermique. Autrement dit, la hausse actuelle provient surtout d’un gain de masse. Cela signifie que l’océan devient plus lourd. Et donc, son influence sur l’équilibre planétaire s’intensifie.

La télémétrie laser spatiale permet de mesurer la masse océanique grâce aux variations du champ de gravité

Pour analyser cette évolution, des chercheurs utilisent la télémétrie laser par satellites. Le principe peut sembler complexe. Pourtant, il repose sur une idée simple. Des impulsions laser circulent entre satellites et stations au sol. Ensuite, elles permettent de mesurer les variations du champ de gravité terrestre.

Pourquoi la gravité joue-t-elle un rôle clé. Parce que l’ajout de masse modifie l’attraction terrestre. Ainsi, lorsque la fonte augmente la masse des océans, la gravité change légèrement. Grâce à ces signaux, il devient possible de quantifier l’augmentation de la masse océanique mondiale.

En complément, cette méthode dépasse l’ancienne altimétrie satellitaire. Celle-ci mesurait surtout la hauteur de surface. Désormais, les scientifiques distinguent hauteur et masse. Par conséquent, ils comprennent mieux les mécanismes profonds de la montée des eaux.

Des données plus précises pour améliorer les modèles climatiques et anticiper les risques côtiers

Les analyses montrent qu’environ 60 pour cent de la hausse observée depuis 1993 provient de l’augmentation de la masse des océans. En parallèle, plus de 80 pour cent de cette contribution est liée à la fonte des calottes glaciaires et des glaciers continentaux.

Ces chiffres restent essentiels pour la recherche. En effet, ils servent à tester et affiner les modèles climatiques. Plus les données sont précises, plus les projections de montée des eaux deviennent fiables. Ainsi, les villes côtières et les îles basses peuvent mieux anticiper.

Enfin, comprendre cette accélération aide à prévoir les submersions marines, l’érosion et la salinisation des sols. La science fournit donc un outil d’alerte précieux. Toutefois, ces connaissances doivent guider des décisions concrètes, car la trajectoire actuelle dépend directement des choix énergétiques mondiaux.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: GEO

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