En une seule nuit, plus de 1 500 ouvriers ont transformé le réseau ferroviaire d’une ville du sud-est chinois. À Longyan, un raccordement stratégique réduit certains trajets de près de cinq heures. Derrière l’exploit technique, se dessine une stratégie économique assumée.

À Longyan, un chantier éclair de neuf heures connecte plusieurs axes majeurs à grande vitesse
Dans la province du Fujian, la ville de Longyan a vécu une opération hors norme. En seulement neuf heures, des équipes ont raccordé une nouvelle ligne rapide aux infrastructures existantes. Résultat immédiat : certains trajets passent d’environ sept heures à une heure et demie.
L’intervention a commencé à 18h30 pour s’achever vers 3h du matin. Environ 1 500 ouvriers ont travaillé simultanément. Sept trains de travaux et 23 pelleteuses ont opéré sans interruption. Cette organisation millimétrée a permis une connexion nocturne record.
Concrètement, les équipes ont relié la ligne Nanlong aux axes Ganlong et Zhanglong. Elles ont créé un nœud ferroviaire stratégique dans le sud-est du pays. Les travaux ont porté sur 246 kilomètres de voies, avec signalisation et systèmes de contrôle adaptés aux trains circulant jusqu’à 200 km/h.
Réduire de cinq heures un trajet modifie en profondeur les flux économiques et les marchés du travail
Gagner plusieurs heures de transport ne relève pas du simple confort. Lorsque les distances se contractent, les territoires se rapprochent réellement. Les bassins d’emploi, les zones industrielles et les centres urbains interagissent davantage. Cette réduction massive des temps transforme la carte économique.
Ensuite, les habitants accèdent plus facilement à de nouvelles opportunités professionnelles. Les entreprises profitent d’un accès élargi aux marchés régionaux. De plus, les flux touristiques deviennent plus dynamiques. À l’échelle locale, la mobilité régionale renforcée soutient directement l’attractivité économique locale.
Une stratégie d’aménagement du territoire pour redistribuer la croissance au-delà des grandes métropoles
Ce type de chantier ne relève pas du hasard. Les autorités multiplient les liaisons rapides entre villes moyennes et grandes métropoles. Elles cherchent ainsi à limiter la concentration des activités dans quelques pôles majeurs. La grande vitesse devient un outil d’intégration régionale durable.
En rapprochant physiquement les territoires, l’État favorise une circulation plus fluide des compétences et des investissements. Toutefois, l’objectif dépasse le transport. Il s’agit aussi d’ancrer la croissance dans des zones moins centrales grâce à une planification territoriale ambitieuse.
Longyan illustre cette logique. Désormais connectée à plusieurs axes structurants, la ville renforce son rôle dans le sud-est chinois. Cette montée en puissance s’appuie sur un maillage ferroviaire structurant qui redessine progressivement les équilibres internes.
Un réseau à grande vitesse de plus de 50 000 kilomètres qui place la Chine au centre du rail mondial
L’opération de Longyan s’inscrit dans un programme bien plus vaste. Le réseau à grande vitesse chinois dépasse 50 000 kilomètres. Il représente près de 70 % de l’offre mondiale selon des données relayées par BFM Business. Depuis 2020, ce réseau à grande vitesse a encore fortement progressé.
Aujourd’hui, près de 97 % des villes chinoises sont reliées par le train. Certaines lignes autorisent déjà 350 km/h. La prochaine génération vise 400 km/h. Parallèlement, les industriels exportent leur savoir-faire, soutenus par des projets d’infrastructures à l’étranger et une stratégie d’influence industrielle assumée.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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