Un trou noir colossal vient d’être identifié au cœur du Fer à cheval cosmique. Avec 36 milliards de masses solaires, il défie les modèles établis. Publiée en janvier 2026, l’étude interroge notre compréhension de l’évolution des galaxies massives.

Au cœur du Fer à cheval cosmique, un système de lentille gravitationnelle déjà crucial pour l’astrophysique moderne
Le Fer à cheval cosmique n’est pas une galaxie isolée. Il s’agit d’un système de lentille gravitationnelle découvert en 2007. La gravité d’une galaxie au premier plan déforme la lumière d’une autre, créant un spectaculaire anneau d’Einstein.
Grâce à ce phénomène, les astronomes observent des galaxies extrêmement lointaines avec une précision accrue. Cette configuration agit comme une loupe naturelle. Jusqu’ici, ce système servait surtout à étudier l’univers profond, pas à révéler un trou noir ultra-massif.
LRG 3-757 abrite un monstre cosmique de 36 milliards de masses solaires, parmi les plus massifs jamais mesurés
Au centre de la galaxie LRG 3-757 se cache un géant. Sa masse atteint 36 milliards de masses solaires. La plupart des trous noirs supermassifs connus restent bien en dessous de ce niveau.
En général, ces objets pèsent entre cent millions et quelques milliards de soleils. Ici, l’échelle change radicalement. Cette découverte place LRG 3-757 dans une catégorie extrêmement rare de trous noirs géants.
Surtout, cette masse hors norme intrigue les chercheurs. Elle dépasse largement les valeurs attendues pour une galaxie de ce type. Dès lors, les modèles classiques vacillent face à cette mesure exceptionnelle.
Une déviation inattendue de la relation MBH-σe qui remet en cause les liens entre trou noir et étoiles
Selon la relation MBH-σe, plus un trou noir est massif, plus les étoiles alentour s’agitent. Leur vitesse augmente et leur mouvement devient chaotique. Pourtant, LRG 3-757 présente une dispersion de vitesse étonnamment faible.
Ce découplage observé surprend la communauté scientifique. Les étoiles ne réagissent pas comme prévu à une telle masse centrale. Par conséquent, un facteur supplémentaire pourrait influencer l’évolution de cette galaxie.
Groupes fossiles et fusions galactiques : les scénarios avancés pour expliquer ce comportement atypique
Une première piste évoque un groupe fossile. Ces structures rares rassemblent des galaxies massives isolées et anciennes. Leur formation d’étoiles stoppée les rend plus calmes et moins dynamiques.
Si LRG 3-757 appartient à cette catégorie, cela expliquerait son apparente tranquillité. La galaxie aurait évolué sans interactions majeures récentes. Ainsi, la faible agitation stellaire deviendrait cohérente malgré la masse centrale.
D’autres chercheurs avancent l’hypothèse de fusions galactiques anciennes. Lors de ces collisions, un processus de raclage peut expulser des étoiles centrales. Ce mécanisme réduirait la dispersion tout en conservant un trou noir massif.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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