Face à l’effondrement accéléré de la biodiversité, une entreprise américaine lance BioVault, une immense réserve d’ADN animal. Objectif affiché : préserver le patrimoine génétique de milliers d’espèces menacées. Une réponse technologique à une crise biologique qui s’aggrave en 2026.

Face à l’effondrement mondial du vivant, les chiffres alertent et imposent une réponse rapide et structurée
Les données publiées par le WWF restent sans appel. Environ 73 % des populations de vertébrés déclinent fortement. Mammifères, oiseaux, reptiles et amphibiens reculent partout. Cette tendance s’accélère. Déclin des vertébrés, taux d’extinction record, horizon 2050 structurent désormais le débat scientifique.
Par ailleurs, le rythme d’extinction dépasse de dizaines à centaines de fois la moyenne des dix derniers millions d’années. D’ici 2050, près de la moitié des espèces animales pourraient disparaître. Face à cette trajectoire, chercheurs et entreprises activent des solutions inédites.
BioVault, une chambre forte génétique installée à Dubaï pour conserver tissus, cellules et génomes
Colossal Biosciences pilote le projet. L’entreprise s’est déjà illustrée avec ses programmes sur le mammouth laineux et le dodo. Cette fois, elle vise la conservation. Le futur site prendra place au musée du Futur de Dubaï, avec un soutien financier émirati.
Le dispositif reposera sur une chambre forte biologique ouverte au public. À l’intérieur, des échantillons congelés s’accumuleront progressivement. Tissus, lignées cellulaires et génomes concerneront d’abord les espèces les plus vulnérables. Le modèle rappelle la réserve mondiale de semences du Svalbard.
Grâce à la cryoconservation avancée, les équipes conserveront durablement le matériel génétique. Ensuite, les scientifiques pourront l’utiliser pour la recherche. Les données soutiendront des projets de désextinction encadrée et d’étude de la perte de biodiversité.
Un réseau international de coffres génétiques pour appuyer la protection des espèces sur le terrain
À terme, l’entreprise prévoit un réseau mondial de BioVaults. Plusieurs pays pourraient accueillir des structures similaires. Chaque implantation agirait en complément des politiques locales. L’objectif reste clair : soutenir la protection in situ plutôt que la remplacer.
Les promoteurs parlent d’une issue de secours génétique. Si une espèce disparaît, son patrimoine resterait accessible. Toutefois, le projet ne prétend pas résoudre seul la crise écologique. Il s’inscrit comme un outil supplémentaire face au déclin accéléré.
Des précédents existent déjà, du Frozen Zoo de San Diego aux grandes biobanques contemporaines
Le concept ne naît pas en 2026. Dès les années 1970, le généticien Kurt Benirschke lance le Frozen Zoo de San Diego. Il collecte des milliers d’échantillons de peau et de gamètes d’espèces rares. Cette initiative pose les bases de la conservation génétique moderne.
Aujourd’hui, cette biobanque demeure l’une des plus importantes au monde. Elle conserve plus de 11 500 lignées cellulaires. Ces collections représentent plus de 1 300 espèces et sous-espèces. Ce patrimoine soutient déjà de nombreux programmes scientifiques.
Ainsi, BioVault s’inscrit dans une continuité scientifique. Cependant, son ambition change d’échelle. L’entreprise vise plus de 10 000 espèces animales menacées. En 2026, alors que la crise s’intensifie, cette stratégie soulève autant d’espoirs que de questions.
Par Eric Rafidiarimanana, le
Étiquettes: biodiversité mondiale, conservation génétique
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