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À quelques semaines du retour vers la Lune, la fusée à 2 milliards de dollars de la NASA inquiète encore après un test écourté

À l’approche d’une nouvelle mission lunaire, la NASA doit résoudre une équation complexe : fiabiliser sa fusée géante, le Space Launch System, dont chaque lancement dépasse 2 milliards de dollars, tout en respectant un calendrier serré. Or, les derniers essais techniques ravivent déjà les doutes.

Fusée SLS de la NASA sur son pas de tir, lors d’un test précédant une mission lunaire du programme Artemis
La fusée Space Launch System (SLS) de la NASA sur son pas de tir, lors d’un essai technique en amont d’une mission du programme Artemis vers la Lune – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Une répétition générale interrompue qui remet en lumière la fragilité des opérations de ravitaillement en hydrogène

D’abord, les équipes ont lancé la répétition complète du compte à rebours et rempli les réservoirs en ergols cryogéniques, étape clé d’une mission habitée. Rapidement, cependant, les capteurs ont repéré une fuite d’hydrogène au niveau des connexions de ravitaillement. Par conséquent, les responsables ont stoppé la séquence pour éviter tout risque.

En effet, l’hydrogène offre une puissance exceptionnelle, mais il s’échappe facilement. Dès que sa concentration augmente autour de la fusée, le danger grimpe aussitôt. Cette fois encore, les mesures ont dépassé les seuils autorisés. Les ingénieurs ont donc interrompu les opérations avant les dernières secondes du compte à rebours.

Un second test écourté qui ravive les souvenirs des difficultés rencontrées avant Artemis I

Ensuite, les techniciens ont remplacé plusieurs joints puis relancé un essai. Cette fois, l’objectif semblait clair : valider le système sans incident. Les fuites ont diminué, certes, mais un nouveau problème a surgi. En parallèle, le système a enregistré un débit de carburant insuffisant, sans doute provoqué par un filtre encrassé.

Une nouvelle fois, les équipes ont abrégé la procédure. Officiellement, les responsables affirment disposer de données exploitables. Pourtant, ces contretemps rappellent fortement les tensions vécues avant Artemis I. Ainsi, le SLS impressionne par sa puissance, mais il révèle encore des faiblesses techniques.

Une fusée ultra lourde sans véritable prototype qui rend chaque essai extrêmement coûteux et stratégique

En réalité, le Space Launch System ne bénéficie d’aucun prototype complet pour les essais grandeur nature. Chaque exemplaire construit doit voler. Dès lors, les ingénieurs ne peuvent pas sacrifier une fusée pour tester librement chaque scénario. De ce fait, chaque répétition mobilise un matériel unique et stratégique.

Par ailleurs, chaque lanceur dépasse 2 milliards de dollars, sans inclure les infrastructures au sol. À ce niveau, la moindre modification technique alourdit immédiatement la facture. En conséquence, les opérations de maintenance, les inspections et les retards logistiques génèrent des coûts supplémentaires importants.

Dans ce contexte, la gestion du risque devient plus complexe. Les équipes ne peuvent pas multiplier les essais comme dans des programmes plus flexibles. Ainsi, chaque décision influence directement le calendrier du retour vers la Lune. Logiquement, la pression technique et budgétaire reste permanente.

Entre impératif de sécurité, pression politique et fenêtre de lancement serrée, la NASA joue une course contre la montre

Aujourd’hui, l’agence spatiale ajuste ses protocoles et revoit certaines interfaces de chargement du propergol. Concrètement, les ingénieurs veulent renforcer la fiabilité des systèmes de ravitaillement. Surtout, ils cherchent à réduire durablement les fuites d’hydrogène avant les prochaines missions.

Cependant, le calendrier ne ralentit pas. Si la fenêtre de tir du printemps échappe aux équipes, elles devront alors viser la suivante quelques semaines plus tard. De fait, chaque report décale le retour d’astronautes autour de la Lune et fragilise la dynamique du programme Artemis.

Enfin, au-delà de la technique, l’enjeu reste stratégique. Avec Artemis II, les États-Unis veulent affirmer leur leadership spatial. Désormais, les prochains essais joueront un rôle décisif. À terme, ils détermineront la crédibilité d’un programme qui prépare déjà l’exploration future de Mars.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

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