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Ce dinosaure herbivore découvert en Chine cache une particularité si surprenante qu’elle défie deux siècles de paléontologie

Et si l’on vous disait qu’un dinosaure herbivore, réputé tranquille, portait sur la peau de véritables piquants cornés ? Étonnant, non ? C’est pourtant ce que révèle une découverte récente en Chine, qui oblige les chercheurs à revoir ce qu’ils croyaient acquis sur l’apparence des dinosaures.

Fossile complet d’un dinosaure ancien incrusté dans la roche, montrant un squelette bien conservé avec des structures osseuses dorsales visibles.
Fossile d’un dinosaure datant du Crétacé inférieur, mis au jour en Chine, dont l’anatomie remet en question la vision classique des dinosaures herbivores – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Un fossile découvert en Chine qui bouleverse notre vision des dinosaures herbivores et remet en cause deux siècles de classifications

Depuis le XIXᵉ siècle, les dinosaures du groupe des Iguanodontia les chercheurs perçoivent comme des herbivores relativement classiques. On les imagine avec un corps massif et une peau écailleuse, sans structure défensive spectaculaire. Pendant longtemps, cette vision, enseignée pendant des générations, a solidement structuré les manuels.

Or, la découverte d’un fossile en Chine, daté de 125 millions d’années, vient fissurer ce socle scientifique. En effet, les restes appartiennent à un individu juvénile remarquablement conservé. Surtout, sa peau révèle des caractéristiques totalement inattendues pour ce groupe.

Ainsi, ce fossile montre que même les lignées étudiées depuis près de 200 ans peuvent encore réserver des surprises. Plus largement, il rappelle que la paléontologie n’est pas une science figée. Au contraire, c’est une discipline en perpétuelle réévaluation.

Comment les technologies d’imagerie les plus avancées ont permis d’observer la peau et les cellules d’un dinosaure vieux de 125 millions d’années

Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs ne se sont pas contentés d’observations classiques. Au contraire, ils ont mobilisé des outils d’analyse très précis. Ces méthodes permettent de révéler l’organisation interne des tissus fossilisés sans les détériorer. Grâce notamment aux rayons X de très haute énergie et à des coupes histologiques fines, les chercheurs ont pu identifier des cellules cutanées encore lisibles. Un tel niveau de conservation reste exceptionnel.

Il est même presque inédit pour un dinosaure. Dès lors, ces données montrent clairement que les structures observées ne sont ni des artefacts, ni des déformations post-mortem. Ces structures constituent bien des éléments biologiques authentiques, intégrés à la peau de l’animal.

Reconstitution artistique d’un jeune Haolong dongi, dinosaure herbivore du Crétacé inférieur en Chine, présentant des piquants cornés sur la peau.
Reconstitution artistique d’un jeune Haolong dongi, dinosaure herbivore du Crétacé inférieur découvert en Chine il y a 125 millions d’années, montrant une peau couverte de piquants cornés. Publié dans Nature Ecology & Evolution © Fabio Manucci/CNRS.

Des piquants cornés chez un herbivore : défense contre les prédateurs, régulation thermique ou fonctions encore inconnues ?

D’emblée, la présence de piquants cornés creux, répartis sur une large zone du corps, pose la question de leur utilité. À première vue, l’hypothèse la plus intuitive reste celle de la dissuasion. Ces structures ont probablement découragé les petits prédateurs contemporains.

Cependant, les chercheurs envisagent d’autres pistes. Par exemple, ces structures pourraient avoir facilité la thermorégulation. Elles auraient alors augmenté la surface d’échange thermique avec l’environnement. De plus, les chercheurs n’excluent pas un rôle sensoriel.

Toutefois, le fait que le spécimen soit juvénile complique encore l’interprétation. En conséquence, ces piquants étaient-ils temporaires ? Se développaient-ils davantage à l’âge adulte ? Ou dépendaient-ils d’une phase précise du développement ?

Pourquoi ce dinosaure à piquants nous rappelle que la science progresse en remettant sans cesse ses certitudes en question

En définitive, ce fossile chinois nous rappelle une vérité fondamentale : en science, aucune certitude n’est définitive. Même aujourd’hui, les groupes les mieux étudiés peuvent encore révéler des adaptations inattendues. Par ailleurs, cette découverte souligne l’importance des nouvelles technologies. Elles permettent de faire parler des détails invisibles il y a encore quelques décennies. Sans ces outils, les scientifiques les auraient très probablement ignorés.

Enfin, cette découverte nourrit notre imagination autant que notre savoir. À ce titre, elle nous invite à regarder les dinosaures autrement. Non plus comme des silhouettes figées, mais comme des animaux complexes, variés, et parfois bien plus surprenants que nos manuels ne le laissent croire.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: 20minutes

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