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Il dort en vous depuis des années : le virus Epstein-Barr lié à des maladies incurables comme le lupus ou la SEP

Le virus Epstein-Barr, discret passager de notre organisme, pourrait être un des moteurs cachés derrière des maladies aussi graves que le lupus ou la sclérose en plaques. Une découverte récente bouleverse notre compréhension de son impact silencieux.

Homme assis seul dans un cabinet médical, illustrant l’impact silencieux du virus Epstein-Barr sur la santé à long terme
Le virus Epstein-Barr peut rester latent pendant des années et perturber durablement le système immunitaire chez certaines personnes – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Un virus ultra-répandu mais généralement silencieux : pourquoi faut-il s’en inquiéter ?

Quand on pense au virus Epstein-Barr (ou EBV), on imagine souvent une simple mononucléose passagère. Pourtant, ce virus infecte la quasi-totalité de la population mondiale sans gêner la majorité des gens. Il reste discret, silencieux, presque invisible aux yeux de la médecine quotidienne.

Mais chez une partie de la population, le virus persiste dans le sang bien après l’infection. Son ADN est encore détectable des mois, voire des années plus tard. Ce phénomène surprenant soulève des inquiétudes car cette présence prolongée pourrait modifier durablement le fonctionnement du système immunitaire.

Une étude internationale massive a analysé les données de plus de 700 000 personnes. Elle a montré que 10 % des individus portaient toujours une charge virale élevée. Cette anomalie pourrait être l’élément déclencheur de maladies auto-immunes graves, comme le lupus ou la sclérose en plaques.

Comment notre génétique pourrait favoriser une infection chronique dangereuse

La grande question, c’est : pourquoi certains réagissent si violemment à un virus aussi banal ? La réponse se cache dans notre ADN. Des chercheurs ont déniché 22 régions génétiques qui influencent notre capacité à contrôler l’EBV. Plus précisément, ces zones concernent pour la plupart le système immunitaire, notamment le fameux CMH (complexe majeur d’histocompatibilité), sorte de vigile moléculaire chargé d’identifier les intrus.

Si ce système présente des variations, l’alerte antivirale fonctionne mal. Résultat : le virus persiste, l’immunité s’emballe, et le corps finit par s’attaquer à lui-même. C’est exactement ce qu’on observe dans des pathologies comme le lupus ou la sclérose en plaques.

Un détonateur possible des maladies auto-immunes chez les personnes prédisposées

Loin d’être anecdotique, cette découverte rebat les cartes de la médecine auto-immune. On savait que certains virus pouvaient servir de déclencheur. Mais là, c’est un virus extrêmement courant qui semble jouer un rôle clé, en particulier chez les personnes génétiquement prédisposées.

C’est un peu comme si le virus appuyait sur un interrupteur défectueux dans notre code génétique. Ce qui soulève des perspectives immenses, mais aussi des questions : pourrait-on anticiper ces réactions ? Identifier les porteurs à risque avant l’apparition des premiers symptômes ?

Vaccins, prévention et médecine personnalisée : un avenir où l’on pourrait contrer l’EBV avant qu’il n’agisse

Face à ces nouvelles données, la communauté scientifique se mobilise. Des vaccins contre l’EBV sont en cours de développement, avec l’espoir de bloquer l’infection avant qu’elle ne s’installe. Mais ce n’est qu’un volet. L’autre front, ce sont les traitements personnalisés capables de moduler la réponse immunitaire selon notre patrimoine génétique.

Si cette approche voit le jour, on pourrait freiner l’apparition de maladies auto-immunes avant même qu’elles ne se manifestent. Et transformer en profondeur la médecine prédictive. En attendant, cette étude rappelle que les virus « banals » ne sont pas toujours inoffensifs. Et que notre ADN cache parfois des failles qu’un simple pathogène peut venir activer.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Science & Vie

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