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Alzheimer : ces singes « guéris » par un son montrent une découverte qui pourrait tout changer pour les humains

Une stimulation sonore à 40 Hz a déclenché un mécanisme de « nettoyage » du cerveau chez des primates vieillissants. Ceux-ci ont réussi à expulser les protéines toxiques liées à Alzheimer. Ces résultats, inédits, ouvrent donc la voie à une médecine sensorielle révolutionnaire pour les humains.

Accumulation de protéines amyloïdes formant des plaques toxiques dans le cerveau, caractéristiques de la maladie d’Alzheimer
Représentation microscopique des protéines amyloïdes s’accumulant entre les neurones, un mécanisme central impliqué dans le développement de la maladie d’Alzheimer – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Pourquoi les singes offrent un modèle plus fiable que les souris pour comprendre Alzheimer

On savait que les souris ne suffisaient pas à modéliser fidèlement les troubles neurodégénératifs humains. Et pour cause : elles ne développent pas spontanément la maladie d’Alzheimer. C’est pourquoi les chercheurs se sont tournés vers des macaques rhésus, des primates au cerveau bien plus proche du nôtre. En effet, chez eux, les plaques amyloïdes apparaissent naturellement avec l’âge, un peu comme les cheveux blancs ou l’arthrose chez nous.

Ce modèle biologique réaliste a donc permis à une équipe de scientifiques chinois de tester une idée fascinante : utiliser le son pour déclencher un nettoyage du cerveau. Pendant une semaine, neuf singes âgés de 26 à 31 ans ont été exposés à un son pur de 1 kHz. Celui-ci était répété à un rythme très précis : 40 fois par seconde.

Comment une stimulation sonore à 40 Hz réactive le système de nettoyage du cerveau

Le chiffre peut paraître anecdotique. Pourtant, il ne l’est pas : 40 Hz, c’est une fréquence que notre cerveau produit naturellement sous forme d’ondes gamma. Ces ondes sont associées à l’attention, à la mémoire et à la conscience. L’idée des chercheurs est donc simple : stimuler artificiellement cette activité pour réactiver un système interne peu connu, le système glymphatique.

Ce réseau de « nettoyage » du cerveau fonctionne un peu comme les canalisations d’une maison. Il évacue les déchets métaboliques, dont les fameuses protéines amyloïdes qui s’accumulent avec Alzheimer. Et surprise : après une semaine de stimulation, les chercheurs ont retrouvé deux fois plus de ces protéines dans le liquide céphalo-rachidien des singes. Autrement dit, le cerveau semblait littéralement en train de se débarrasser de ses toxines.

L’effet de la stimulation perdure plus d’un mois après l’arrêt du protocole

Ce qui a vraiment épaté les chercheurs, c’est la durée de l’effet. Contrairement aux tests sur les souris, où l’effet était transitoire, les singes ont montré des taux élevés de protéines amyloïdes. Et ce pendant plus de cinq semaines après la fin de la stimulation.

Autre détail troublant : les groupes témoins ont été exposés à des sons aléatoires ou à différentes fréquences, mais ils n’ont montré aucun changement. Cela confirme donc que le 40 Hz a un effet spécifique, et pas juste un réveil général du cerveau. Ce résultat ouvre ainsi une piste incroyable. Et si on pouvait entretenir la santé de notre cerveau avec de simples stimulations sensorielles ?

Une future thérapie non médicamenteuse fondée sur le rythme naturel du cerveau

On est encore loin de pouvoir appliquer cette méthode à grande échelle chez les humains. Pourtant, les implications sont vertigineuses. Imaginez un casque audio ou un environnement sonore spécial, utilisé régulièrement chez les personnes à risque. Grâce à cela, on pourrait ainsi nettoyer leur cerveau avant que les symptômes n’apparaissent.

Cette approche a un avantage considérable : non invasive, douce, peu coûteuse, et potentiellement compatible avec une utilisation préventive à grande échelle. Une médecine sans molécule, sans injection, mais fondée sur les rythmes naturels du cerveau. L’idée paraît même presque poétique.

Alors oui, il reste beaucoup à comprendre. Pourquoi le 40 Hz agit-il aussi efficacement ? Comment le cerveau gère-t-il ce drainage ? Et surtout, quels effets cela pourrait-il avoir sur les fonctions cognitives à long terme ? Mais cette étude le prouve : on peut modifier durablement l’activité du cerveau par le son. Et rien que ça, c’est un changement de paradigme.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Science & Vie

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