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Edison a-t-il produit ce « matériau miracle » 125 ans avant sa création officielle ?

Le graphène se révèle à la fois très résistant, flexible et excellent conducteur de chaleur et d’électricité

— © Louis Bachrach / Wikimedia Commons

De nouvelles recherches suggèrent que Thomas Edison, scientifique américain pionnier de l’électricité, aurait créé par inadvertance le remarquable graphène en 1879, plus d’un siècle avant sa production en laboratoire.

Du graphène avant le graphène ?

Couche de carbone d’un atome d’épaisseur, le graphène se révèle à la fois très résistant, flexible et excellent conducteur de chaleur et d’électricité, ce qui lui vaut d’être souvent qualifié de « matériau miracle ». Théorisé en 1947, il a été officiellement isolé pour la première fois en 2004 par Andre Geim et Konstantin Novoselov, gratifiés en 2010 du Nobel de physique pour leurs travaux.

Alors qu’ils exploraient le moyen les plus simple d’obtenir du graphène en utilisant le « chauffage flash joule », consistant à soumettre brièvement un matériau à base de carbone à des températures supérieures à 2 000 °C, des chercheurs de l’université Rice se sont tournés vers des ampoules à filament de bambou, semblables à celles qu’Edison avait fait breveter à la fin du XIXe siècle.

Recréant les conditions des expériences historiques de l’inventeur, Lucas Eddy et ses collègues ont branché les ampoules à une source d’alimentation de 110 volts et les ont allumées pendant une vingtaine de secondes à plusieurs reprises.

L’analyse de leurs filaments au microscope a montré qu’ils étaient essentiellement passés du gris à l’argenté. La spectroscopie a par la suite permis de confirmer que certaines sections de ces éléments naturellement riches en carbone s’étaient transformées en graphène. Selon les chercheurs, une utilisation prolongée des ampoules aurait toutefois conduit à l’épaississement progressif de ces couches ultrafines, formant alors du graphite classique.

Surprises en stock

Si la découverte d’un tel matériau n’aurait probablement pas été d’une grande utilité à une époque aussi précoce du développement des technologies électriques, elle soulève des questions intéressantes.

« Le fait qu’il ait pu accidentellement produire du graphène suggère que la recréation d’autres expériences fondatrices pourrait nous réserver des surprises de taille », concluent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue ACS Nano.

En 2024, les fouilles du laboratoire d’un alchimiste de la Renaissance avaient conduit à la découverte d’un métal mystérieux.

Par Yann Contegat, le

Source: Science Alert

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