
La découverte d’une série d’outils en pierre préhistoriques avancés dans le centre de la Chine bouleverse notre compréhension de l’évolution humaine en Asie de l’Est au Paléolithique moyen.
Des découvertes inattendues
Menées entre 2019 et 2021 sur le site de Xigou, à environ 900 kilomètres au sud-ouest de Pékin, les fouilles archéologiques ont conduit à la mise au jour de différents artefacts, façonnés il y a entre 72 000 et 160 000 ans. Ceux-ci comprennent notamment les plus anciens exemples d’outils lithiques à manche ou à tige trouvés en Asie orientale, qui auraient permis aux anciens habitants de la région d’exploiter efficacement les ressources animales et végétales disponibles.
« Leur présence indique un haut degré de flexibilité comportementale chez les hominidés de Xigou », souligne Jian-Ping Yue, de l’Institut chinois de paléontologie vertébrale et de paléoanthropologie (IVPP), précisant qu’ils servaient à tailler, racler, couper, et également transpercer.
En comparaison, les plus anciennes traces connues de tels objets, des lances trouvées en Afrique du Sud, remontent à 500 000 ans, et les exemples européens les plus précoces, découverts en Italie, à environ 200 000 ans.
« Les innovations technologiques en Afrique et en Europe occidentale à la fin du Pléistocène moyen témoignent de la complexité comportementale des populations d’hominidés », précise l’étude, publiée dans la revue Nature Communications. « On a longtemps supposé un degré de sophistication et d’innovation nettement moindre dans cette partie du continent asiatique. »

Nouvel éclairage
Selon l’équipe, les récentes découvertes réalisées à Xigou et d’autres sites asiatiques indiquent un « paysage technologique » complexe, avec l’utilisation récurrente de nucléus (roches taillées pour obtenir des éclats tranchants), permettant de produire des armes ainsi que des outils adaptés à un vaste éventail d’activités.
« Les stratégies développées ont probablement aidé les hominidés de la région à faire face aux profonds bouleversements environnementaux intervenus au cours de cette période de 90 000 ans », estime Michael Petraglia, de l’universit Griffith.
Les couches archéologiques de Xigou contribuent ainsi à éclairer un chapitre particulièrement riche de l’histoire humaine. Antérieur à la grande migration d’Homo sapiens hors d’Afrique, celui-ci a notamment été marqué par la cohabitation d’Homo longi et Homo juluensis en Asie de l’Est, deux espèces archaïques liées aux Dénisoviens.
Par Yann Contegat, le
Source: Connect Sci
Étiquettes: artefact, paléolithique
Catégories: Histoire, Actualités