
Au cours des années 1970 et 1980, l’Antarctique a été le théâtre d’un improbable « baby-boom », étroitement lié à la revendication de ses territoires. On revient aujourd’hui sur ce chapitre étrange de l’histoire du continent le plus austral de la planète.
Un continent convoité
Entouré d’eaux glaciales et réputé pour son climat impitoyable, l’Antarctique est le seul continent sans population humaine indigène, ce qui a fait de sa conquête un objectif majeur pour un certain nombre de pays (comprenant la France et le Royaume-Uni) au cours du XXe siècle.
En 1959, un traité fondateur a officiellement gelé toutes revendications territoriales et fait de cette région d’un globe une zone exclusivement dédiée à la recherche scientifique. Ce qui n’a toutefois pas empêché plusieurs nations de continuer à lorgner sur différentes portions de l’Antarctique au cours des décennies suivantes.
S’estimant la plus légitime, en raison de sa proximité géographique, l’Argentine est passée à la vitesse supérieure à la fin des années 1970.
Alors dirigé d’une main de fer par le général Jorge Rafael Videla, le pays est soucieux de redorer son image sur la scène internationale et va lancer une opération assez insolite : le transport par avion jusqu’à l’une des bases du continent glacé de Silvia Morello de Palma, qui donnera naissance le 7 janvier 1978 au premier « bébé antarctique », Emilio Marcos Palma. Au cours des sept années suivantes, dix autres humains y voient le jour, tous de parents argentins ou chiliens.

Des enfants qui héritent de la nationalité de leurs parents
Ces naissances visaient à affirmer l’influence des deux nations sur l’Antarctique. Mais, en vertu du droit international, les onze enfants ont simplement hérité de la nationalité de leurs géniteurs.
Comme on peut l’imaginer, cette « mode » a été vivement critiquée. De nombreuses nations évoquant notamment les risques liés à l’envoi de femmes enceintes dans une partie du globe aussi isolée et hostile.
Le fait que l’ensemble des bébés aient survécu fait aujourd’hui de l’Antarctique le seul continent affichant un taux de mortalité infantile nul. Un record qui ne semble pas près d’être battu.
Il s’avère par ailleurs que les plus anciens restes humains jamais découverts en Antarctique remontent au XIXe siècle.