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167 loups bientôt relâchés en Écosse : une décision écolo qui pourrait changer les Highlands à jamais

Une étude publiée le 19 février 2026 relance un débat explosif en Écosse. Des chercheurs estiment que réintroduire le loup dans les Highlands aiderait à restaurer les forêts et à capter massivement du CO₂. Entre urgence climatique et résistances locales, le sujet divise.

Vue panoramique des Highlands écossais avec une vallée sauvage et une rivière sinueuse sous un ciel nuageux dramatique.
Les vastes étendues des Highlands écossais pourraient bientôt accueillir 167 loups, dans un projet visant à restaurer l’équilibre écologique et à capter davantage de CO₂. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Pourquoi la réintroduction des loups dans les Highlands vise d’abord à restaurer l’équilibre écologique perdu

Il y a près de 250 ans, l’être humain a éradiqué le loup d’Écosse. Depuis, les cerfs prolifèrent sans prédateur naturel. On compte aujourd’hui environ 400 000 individus. Cette pression bloque la régénération des jeunes arbres.

Or, cette surpopulation empêche les forêts de repousser naturellement. Les cervidés broutent les pousses avant leur croissance. Résultat, l’Écosse affiche l’un des taux de couverture forestière les plus faibles d’Europe. Les chercheurs ciblent donc un déséquilibre écologique majeur, lié à l’absence de prédateur naturel et à la surpopulation de cerfs.

Une étude chiffre l’impact potentiel sur le climat et la stratégie britannique de neutralité carbone

Les chercheurs de l’Université de Leeds ont modélisé quatre grandes zones sauvages. Leur analyse repose sur un modèle prédateur-proie précis. Selon leurs calculs, environ 167 loups suffiraient à réguler durablement les populations de cerfs.

Grâce à ce retour, les forêts indigènes pourraient se régénérer. Cette dynamique permettrait d’absorber jusqu’à un million de tonnes de CO₂ par an. Ce volume représente près de 5 % de l’objectif britannique de séquestration forestière d’ici 2050.

Chaque animal aurait même une valeur économique estimée à 154 000 livres. Ce calcul intègre le prix du carbone sur le marché. Ainsi, la réintroduction dépasserait la simple conservation. Elle deviendrait un levier concret de séquestration carbone, intégré au plan de neutralité carbone 2050.

Au-delà du climat, des retombées attendues pour l’économie locale et la santé publique

Le projet ne concerne pas uniquement le carbone. D’abord, il pourrait stimuler un écotourisme durable dans les Highlands. Dans plusieurs pays, la présence de grands prédateurs attire des visiteurs passionnés. L’Écosse bénéficierait de cette attractivité supplémentaire.

Ensuite, la régulation des cerfs réduirait les collisions routières. Ces accidents restent fréquents et parfois graves. Une baisse des effectifs limiterait les dégâts matériels et les blessures. La sécurité routière pourrait donc progresser sensiblement.

Enfin, les chercheurs évoquent un effet indirect sur la santé publique. Les tiques, vecteurs de la maladie de Lyme, parasitent les cervidés. En diminuant leur nombre, on freinerait la prolifération des tiques. La lutte contre la maladie de Lyme s’inscrirait alors dans une approche globale.

Un projet sensible qui oppose éleveurs, chasseurs et défenseurs d’une coexistence encadrée

Malgré ces perspectives, le débat reste vif. Les éleveurs redoutent des attaques sur leurs troupeaux. Les chasseurs craignent une baisse du gibier disponible. Les tensions locales pèsent sur toute décision politique.

Pourtant, plusieurs pays européens montrent que la coexistence fonctionne. On compte aujourd’hui plus de 12 000 loups en Europe occidentale. Des dispositifs de protection et de compensation existent. Les chercheurs appellent donc à un dialogue approfondi avec chaque partie prenante locale.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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