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Tremblez de peur dans Parasite Eve, ce jeu mémorable qui mélange horreur et RPG

1998 était une grande année pour l’histoire du jeu vidéo japonais. Square, alors au sommet de sa gloire après le succès de Final Fantasy VII, s’impose dans l’industrie comme la référence en ce qui concerne la qualité scénaristique et graphique. Ils diversifient alors leur vivier de jeux avec plusieurs licences T-RPG et avec Parasite Eve, flirtent entre le RPG et le survival horror. Retour sur le premier épisode d’une licence culte !

 

Deux ans après le raz-de-marée provoqué par Resident Evil et quelques mois avant la venue de Silent Hill, il était temps pour Square de se lancer dans le survival horror. Pour ne pas mettre les deux pieds dans l’eau, la décision est prise de faire de Parasite Eve un véritable mélange de RPG et survival tout en gardant une dimension scénaristique proche du cinéma. Les éléments RPG viennent du cerveau de Takashi Tokita (Final Fantasy IV, Chrono Trigger) et apportent tous les tenants du genre : les points, les mécaniques de combat et la structure narrative. Pour dynamiser l’expérience, c’est Shinichiro Okaniwa (ayant travaillé sur Secret of Mana et les combats de Chrono Trigger) qui met en place les combats.

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À l’origine de l’histoire, il y a un roman japonais du même nom que le jeu, écrit par Hideaki Sena. Un film adapté du roman arrive en 1997 et le jeu vidéo de Square sera là un an après. Cela dit, à part le titre et des éléments de l’univers utilisé, le jeu est plus une séquelle/spin-off qu’une adaptation à la lettre. Avec le jeu, la menace est constante, les cadavres s’empilent et surtout, on dirige une héroïne de haute volée. Le jeu s’ouvre sur une scène d’opéra (les fans de Final Fantasy VI auront des frissons) et après une minute de dialogue, le jeu démarre une scène cinématique dont Square a le secret. Eve, la chanteuse, alors en plein chant lyrique, remarque Aya dans l’assemblée, semble perturbée et soudain, les acteurs et musiciens prennent feu. Les flammes se propagent dans la salle, les gens brûlent, la scène s’effondre et Eve continue son chant.

L’une des premières scènes les plus mémorables du jeu vidéo. Suite à cela, on a enfin l’occasion de diriger Aya Brea. À vingt-cinq ans, Aya est une détective de la police de New York et reste la seule immunisée aux pouvoirs étranges de la chanteuse. En revanche, le fait d’entrer en contact avec cette dernière semble avoir transformé Aya et elle peut maintenant développer des capacités surnaturelles. Capable de résister aux flammes, elle est la seule à pouvoir intervenir et le jeu vous propulse ainsi dans une quête qui mélange les styles de jeu et de la littérature avec une teinte de science-fiction.

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Dans l’univers de Parasite Eve, les mitochondries sont restées dormantes tout au long de l’histoire biologique de la planète, silencieuses au sein des organismes de tous les eucaryotes en attendant d’être suffisamment évolués pour pouvoir prendre le contrôle de toute vie sur Terre tout en attendant que ces dernières puissent être assez développées elles-mêmes pour servir leurs desseins. D’un point de vue scientifique, rien de très logique, mais cela suffit comme base d’une histoire et d’un univers qui va bien plus loin que ça sur bien des points. Au milieu de tout ça, Aya est une héroïne parfaite. Forte et vulnérable, charmante et glaciale, il est très facile pour le joueur de s’attacher à elle dès le début de l’aventure.

On la dirige librement et les combats mélangent de façon intéressante le RPG et l’exploration. Le jeu intègre un système d’ATB comme dans Final Fantasy, mais se déroule plus ou moins comme Vagrant Story, où le joueur déclenche une sphère d’action qui arrête le jeu le temps que l’on prenne une décision : attaquer, utiliser un objet, etc. À noter d’ailleurs que les parallèles à Vagrant Story sorti deux ans plus tard ne s’arrêtent pas là puisque le système de modification de l’équipement y ressemble étroitement, bien que largement plus simpliste. Parasite Eve a inspiré beaucoup de jeux, mais s’inspire pour sa part de Final Fantasy VII au niveau du level design, des relations des personnages et de l’utilisation d’éléments de science-fiction.

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Parasite Eve n’est pas parfait, mais pour un premier essai dans l’univers du survival horror, Square a su convaincre toute une génération de joueurs. Tous les jeux de Square de l’époque sont marqués par des scénarios captivants, des univers intéressants et des bandes-son mémorables. Parasite Eve se place dans la lignée de ces jeux et tout ce qui manque au premier épisode sera rectifié dans Parasite Eve 2 sorti fin 1999.

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