
Observée dans les montagnes d’Iran, la vipère à queue d’araignée se distingue, comme son nom l’indique, par l’étrange leurre arachnéen qu’elle agite pour attirer ses proies. Des chercheurs ont récemment examiné sa structure interne.
Appât caudal
Si le premier spécimen de vipère à queue d’araignée a été collecté en 1968, son étrange particularité anatomique a longtemps déconcerté les chercheurs. Au départ, on supposait que l’extrémité de sa queue était une véritable araignée-chameau, qu’elle aurait préalablement capturée, une malformation ou même une tumeur.
Ce n’est qu’au début des années 2000, avec l’examen d’un second serpent présentant la même ornementation caudale élaborée, que l’hypothèse d’un leurre utilisé pour capturer ses proies a pris de l’ampleur et que l’espèce a pu être confirmée.
Il a ensuite fallu attendre 2008 pour que Pseudocerastes urarachnoides soit observée en train de faire usage de cette structure bulbeuse et écailleuse dans son milieu naturel. Sur les images ci-dessous, on peut la voir l’agiter de façon extrêmement convaincante pour imiter les mouvements d’une araignée, attirant l’attention d’un oiseau malchanceux fauché en plein vol par le reptile.
Surprise sans surprise
Dans le cadre de travaux publiés dans la revue The Anatomical Record, Sara Ruane, du Field Museum de Chicago, et ses collègues ont utilisé l’imagerie à rayons X afin d’examiner pour la première fois la structure interne de cette partie de l’anatomie de la vipère iranienne. En dépit d’une apparence externe singulière, caractérisée par des écailles hautement spécialisées, il s’est avéré qu’elle était remarquablement similaire à celle de ses proches parents, avec à peu de choses près le même arrangement de vertèbres et de tissus mous.
« Nous ne nous attendions pas forcément à trouver de nouveaux os, mais n’imaginions pas non plus qu’elle serait aussi classique », écrit l’équipe. « La queue de cette vipère est un bon exemple d’innovation évolutive, avec une structure ancestrale essentiellement réutilisée pour remplir une fonction complètement différente. »
Plus globalement, ces découvertes ont aussi des implications pour notre vision des créatures disparues depuis longtemps ainsi que pour notre compréhension de leur mode de vie, avec des traits morphologiques uniques ne se reflétant pas forcément au niveau du squelette interne.
Précédemment, des chercheurs avaient percé le mystère de la fausse vipère.