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Une étoile géante née dans un coin oublié de la Voie lactée met à mal un siècle de théories sur l’évolution stellaire

Dans un recoin inexploré de la Voie lactée, une étoile en gestation défie tout ce que l’on pensait acquis sur la naissance des astres massifs. Découverte grâce à James Webb et ALMA, elle impose un nouveau regard sur l’évolution stellaire et interroge un siècle de modèles théoriques.

Illustration d’une étoile géante en formation émettant des jets de matière énergétiques au cœur d’un nuage de gaz dans la Voie lactée
Vue artistique d’une étoile massive en cours de formation, projetant de puissants jets de matière à travers un nuage de gaz dense, un phénomène qui remet en cause les théories classiques de l’évolution stellaire – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Une étoile géante apparaît dans une zone jugée stérile pour la formation stellaire

Dans un recoin peu fréquenté de la Voie lactée, une étoile jeune et déjà gigantesque vient semer le doute parmi les astrophysiciens. Située à quelque 15 000 années-lumière de la Terre, au sein de la nébuleuse Sharpless 2-284, elle défie les attentes. Cette région, pauvre en éléments lourds, semblait trop primitive pour accueillir une telle formation. Et pourtant, elle est bien là.

Ce contexte chimique, proche de celui qui régnait juste après le Big Bang, donne à cette étoile une valeur scientifique exceptionnelle. Ainsi, elle pourrait servir de machine à remonter le temps cosmique pour mieux comprendre les premières générations stellaires.

Des jets de plasma longs de huit années-lumière trahissent une organisation interne exceptionnelle

Grâce aux instruments de pointe du télescope spatial James Webb et du réseau ALMA, les chercheurs ont observé un phénomène rare. Deux jets de matière d’une précision stupéfiante s’échappent de l’étoile en formation. Ils s’étendent sur près de huit années-lumière, soit deux fois la distance entre le Soleil et Proxima du Centaure.

Ce qui frappe les scientifiques, c’est la symétrie quasi parfaite de ces jets. Elle contraste fortement avec l’idée habituelle d’un processus chaotique pour la naissance des étoiles massives. Pourtant, ici, tout semble suivre un ordre subtil. Un calme insoupçonné règne au cœur d’un tumulte cosmique.

Une stabilité du disque d’accrétion jamais observée dans un milieu aussi pauvre en métaux

Le disque de gaz et de poussière qui alimente cette étoile conserve la même orientation depuis des centaines de milliers d’années. Une telle stabilité, dans un environnement aussi peu enrichi en métaux, bouleverse les idées reçues.

Même dans des conditions extrêmes, où la matière est censée s’agiter violemment, l’étoile maintient une cohérence structurelle. Ce comportement, digne d’un système bien huilé, remet en question de nombreux modèles de formation stellaire. Par conséquent, les théories actuelles doivent être réévaluées.

Un témoignage direct sur la croissance d’une étoile massive qui force à revoir les modèles théoriques

Les données collectées permettent de reconstituer, avec une précision remarquable, les différentes étapes de formation de cette étoile. En effet, les jets de matière agissent comme des balises temporelles. Ils retracent chaque phase d’accrétion, sur environ 300 000 ans.

Cette durée n’est pas nouvelle. Ce qui surprend, en revanche, c’est la régularité du phénomène. Elle révèle une évolution stable et continue, loin des dynamiques chaotiques souvent associées aux étoiles massives. Une telle constance, dans un environnement instable, semblait jusqu’ici impossible.

Finalement, cette découverte soulève une hypothèse vertigineuse. Si une étoile géante peut se former dans un milieu aussi pauvre en métaux, alors les conditions nécessaires à leur naissance dans l’Univers jeune étaient peut-être moins contraignantes qu’on ne l’imaginait.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: Science & Vie

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