Une découverte majeure vient d’être confirmée dans le bassin parisien. Des chercheurs ont identifié une carte en relief datant du Paléolithique. Ce trésor archéologique bouleverse notre compréhension des savoir-faire anciens. Il va falloir revoir nos certitudes sur l’ingénierie préhistorique.

Sous un abri rocheux près de Paris, les experts identifient une maquette monumentale du paysage naturel
Le site de Ségognole 3 dissimulait un secret fascinant depuis des millénaires. Les archéologues pensaient avoir percé tous les mystères de cet abri couvert de gravures anciennes. Pourtant, une analyse récente met au jour une sculpture du paysage environnant façonnée directement dans le sol en grès.
Cette œuvre singulière ne relève pas de l’érosion naturelle classique de la roche. Le géologue Médard Thiry a identifié ces anomalies géomorphologiques précises dès 2017. Cette observation déterminante confirme que des mains humaines ont modelé la roche pour représenter leur territoire.
Une lecture précise des cours d’eau et des vallées, essentielle à la survie des groupes humains nomades
Oubliez les cartes modernes avec distances exactes et points cardinaux bien tracés. Cette maquette privilégie la lecture des éléments indispensables à la survie du groupe. Elle met en évidence la dynamique des cours d’eau et la convergence des vallées environnantes.
Les auteurs de cette carte cherchaient à comprendre et maîtriser un environnement immédiat souvent hostile. Le Dr Milnes rappelle le rôle vital de l’eau pour ces populations anciennes nomades. Ils détenaient manifestement une connaissance fine du terrain bien supérieure à nos estimations passées.
Cette représentation tridimensionnelle servait sans doute d’outil pédagogique ou stratégique crucial. Elle offrait une visualisation claire des zones humides et des ressources accessibles alentour. C’est une véritable leçon de géographie appliquée transmise par nos ancêtres du Paléolithique.
Des canaux sculptés pour guider l’eau : la preuve d’une ingénierie hydraulique précoce et maîtrisée
L’étude met en lumière une sophistication technique remarquable pour une période aussi ancienne. Ces groupes ne se contentaient pas d’observer la nature environnante. Ils ont taillé de véritables canaux destinés à orienter l’eau de pluie à travers leur maquette.
Cette maîtrise de l’écoulement des fluides constitue une première mondiale documentée. Jamais une telle compétence n’avait été attestée aussi tôt dans l’histoire humaine. Elle révèle un savoir-faire technique avancé pour organiser les ressources hydriques en contexte fragile.
Une découverte qui repousse de 10 000 ans l’histoire connue de la cartographie en trois dimensions
Cette découverte repousse les origines connues de la cartographie de plusieurs millénaires. La plus ancienne carte 3D identifiée jusqu’à présent remontait à l’âge du bronze. Avec cet abri francilien, nous faisons désormais un bond de 10 000 ans en arrière.
Nos ancêtres possédaient donc des capacités cognitives plus élaborées qu’on ne l’imaginait. Ils savaient conceptualiser l’espace et le restituer en volume réduit. Cette avancée oblige les chercheurs à reconsidérer l’intelligence spatiale préhistorique et leur rapport au territoire.
Le site de Ségognole 3 s’impose désormais comme une référence internationale majeure. Il atteste que géométrie et modélisation existaient bien avant l’apparition de l’écriture. Il faut désormais reconnaître le génie des premiers géomètres ayant parcouru le sol français.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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