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Conserver des données pendant 10 000 ans : le verre et les lasers réinventent le stockage

Le stockage a long terme représente un véritable défi dans notre monde ultra-connecté

Donnees Chifrees

Des chercheurs américains ont mis au point une nouvelle technologie promettant le stockage des données à l’échelle de milliers d’années, impliquant de minces plaques de verre ainsi que des lasers.

Le projet Silica

Notre monde ultra-connecté génère aujourd’hui une quantité sans précédent de données, qui sont essentiellement stockées sur des serveurs équipés de disques durs de grande capacité, comportant des pièces mécaniques et dont la durée de vie moyenne ne dépasse pas la décennie.

Si, ces dernières années, les chercheurs ont exploré différentes techniques afin d’assurer leur conservation à très long terme, les membres du projet Silica de Microsoft ont développé une approche prometteuse, détaillée dans la revue Nature.

Comme le rappelle l’équipe, la découverte de gravures anciennes a permis d’éclairer l’histoire de civilisations disparues, telles que les Sumériens, apparus il y a plus de 5 000 ans. Dans cette perspective de conservation durable des connaissances, elle a conçu un système où des lasers émettant des impulsions extrêmement brèves (un millionième de milliardième de seconde) encodent les données sous forme de « voxels » (pixels tridimensionnels) à l’intérieur de fines plaques de silice.

Concrètement, l’approche permet le stockage de 4,8 téraoctets de données dans un morceau de verre de 12 centimètres carrés et de 2 millimètres d’épaisseur. Soit l’équivalent de millions de livres ou de 5 000 films en très haute définition (4K).

Des téraoctets capables de traverser les millénaires

Se basant sur des tests menés à 290 °C et la loi d’Arrhenius, qui stipule que les réactions chimiques s’accélèrent avec la chaleur, les chercheurs estiment que les données encodées resteront lisibles pendant 10 000 ans à température ambiante.

N’étant pas affecté par les interférences électromagnétiques, le stockage sur verre présente également l’avantage de résister à l’humidité. Il pourrait donc constituer une solution adaptée à l’archivage à très long terme, notamment pour des institutions culturelles ou scientifiques.

« Son adoption à grande échelle pourrait marquer une étape importante dans l’histoire des supports de conservation des connaissances, au même titre que les tablettes anciennes, le parchemin ou les supports magnétiques modernes », concluent les auteurs de l’étude.

Précédemment, des scientifiques australiens avaient mis au point une technique de stockage inspirée du cunéiforme offrant une densité remarquable.

Par Yann Contegat, le

Source: The Independent

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