La nuit du 19 au 20 janvier 2026 restera gravée dans les mémoires des passionnés d’astronomie comme des experts en cybersécurité. Ce soir-là, le Soleil a déchaîné une tempête solaire d’une rare intensité. Il a projeté vers la Terre un flux de particules capable de déstabiliser nos technologies les plus vitales.

Une éruption de classe X déclenche une tempête solaire d’une intensité exceptionnelle
Ce dimanche 18 janvier, en fin de journée, les instruments de la NASA et du Met Office britannique ont capté une éruption de classe X1.9. C’est un niveau déjà très élevé. Toutefois, ce qui a vraiment inquiété les experts, c’est l’éjection de masse coronale (ou CME) qui l’a accompagnée. Cette immense bulle de plasma solaire se dirigeait droit sur notre planète. En effet, elle transportait avec elle des milliards de tonnes de particules chargées.
Au même moment, les amateurs d’aurores boréales et les curieux de Twitter ont vu les indices s’emballer. Ainsi, les vitesses de vent solaire flirtant avec les 1 000 km/s ont rapidement fait naître l’espoir d’un spectacle lumineux. Mais aussi la crainte d’un impact plus grave.
Des indices géomagnétiques historiques et des aurores visibles jusqu’en Europe méridionale
Dès 22 heures, les premiers signes tangibles sont apparus. Les indices Hp30 et Kp, qui mesurent l’intensité des perturbations géomagnétiques, ont atteint des niveaux rarement vus depuis des décennies. D’ailleurs, le Hp30 a même brièvement touché les 10, un chiffre quasi inédit.
Cette activité a provoqué l’apparition d’aurores boréales spectaculaires jusqu’à nos latitudes méridionales. En effet, on en a vues en France, en Allemagne et même jusqu’en Italie. Du jamais vu depuis plus de 20 ans. De plus, des ciels teintés de vert, de rose et de pourpre ont embrasé la nuit. Sur les réseaux sociaux, les clichés ont afflué.
Satellites, aviation, ISS : une cascade de perturbations dans nos infrastructures sensibles
Mais derrière la beauté, le danger. En effet, les tempêtes solaires de cette ampleur peuvent perturber les systèmes de communication, les satellites et même les réseaux électriques. Par exemple, Starlink a signalé des coupures de service. De leur côté, des avions ont modifié leurs trajectoires. Pendant ce temps, les ingénieurs étaient sur le pont dans les centres de contrôle du monde entier.
Dans l’espace, les astronautes de la Station spatiale internationale ont dû se réfugier dans des zones renforcées. C’est la procédure pour se protéger des radiations solaires. À ce niveau d’intensité, la tempête approchait celle du célèbre événement de Carrington de 1859. En réalité, c’est le plus violent jamais enregistré.
Une leçon de vulnérabilité : ce que cette tempête révèle sur notre dépendance technologique
Heureusement, cette fois-ci, la Terre n’a pas été frappée par un « ground level event ». Il s’agit d’une tempête capable d’affecter physiquement le sol. Toutefois, les mesures historiques des indices Bz et Bt laissent penser que si la CME avait été plus rapide ou orientée différemment, les conséquences auraient pu être graves.
Ce type d’événement met en lumière notre dépendance technologique extrême. Il révèle aussi notre vulnérabilité structurelle face à des phénomènes naturels aussi imprévisibles que puissants. Ainsi, si demain une tempête solaire devait frapper de plein fouet sans préavis, ce sont nos GPS, nos satellites, nos banques et même nos hôpitaux qui pourraient s’arrêter en quelques minutes.
Alors, la prochaine fois que vous lèverez les yeux pour admirer une aurore boréale, souvenez-vous qu’il ne s’agit pas seulement d’un beau spectacle. C’est aussi le signe visible d’un duel silencieux et permanent entre notre Terre et le Soleil. Cette étoile est aussi nourricière que potentiellement redoutable.
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
Source: Futura
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