Aller au contenu principal

Les officiers romains avaient des singes de compagnie, qui avaient… des porcelets de compagnie

Une plongée fascinante dans l’Antiquité

— © Osypińska / Osypiński / Zych / Journal of Roman Archaeology 2025

Des fouilles dans le sud de l’Égypte ont contribué à éclairer la vie des militaires romains stationnés dans la région. Il s’avère que ceux-ci possédaient des primates de compagnie, auxquels ils étaient visiblement très attachés.

Des animaux de compagnie traités comme des enfants

Bordant la mer Rouge, le port antique de Bérénice constituait un haut lieu du commerce marîtime à l’époque ptolémaïque ainsi que sous l’Empire romain. Les excavations d’un cimetière animalier situé à ses portes ont conduit à la découverte des restes de plusieurs dizaines de primates, inhumés au cours des premier et second siècles de notre ère.

Les analyses ont révélé qu’il s’agissait essentiellement d’animaux originaires du continent asiatique. Plus précisément : des macaques rhésus (Macaca mulatta) et des macaques à bonnet (Macaca radiata). Si ce ne sont pas les premiers singes de compagnie mis au jour sur un ancien site romain (plusieurs avaient été trouvés à Pompéi), jusqu’à présent, il s’agissait d’espèces nord-africaines, provenant donc de l’Empire lui-même.

Outre un ensemble d’artefacts funéraires indiquant qu’ils appartenaient à des gradés romains, les archéologues évoquent une série « d’offrandes » insolites, laissant penser que leurs propriétaires les traitaient comme leurs propres enfants.

L’une des sépultures abritait les restes d’un porcelet, des coquillages, un panier tressé ainsi qu’une apparente poupée de chiffon antique, décrits comme les « jouets » du primate. Dans une autre, ce sont des ossements de chaton qui ont été trouvés. Enfin, une troisième comportait une stèle funéraire typique des tombes humaines.

Différents exemples de singes de compagnie romains. Le spécimen A serrait un chaton dans ses bras — © Osypińska / Osypiński / Zych / Journal of Roman Archaeology 2025

Un marqueur de statut social

Selon le auteurs de la nouvelle étude, publiée dans le Journal of Roman Archaeology, à l’époque, la possession de tels animaux constituait un important marqueur de statut social.

Un homme se promenant avec un macaque indien aurait pu être vu comme un explorateur chevronné, ou une personne possédant un « carnet d’adresses » extraordinaire.

Vraisemblablement choyés, ces animaux de compagnie exotiques présentaient toutefois des signes de carences, suggérant des quantités de nourriture suffisantes mais un régime peu adapté à leurs besoins nutritionnels.

Précédemment, les restes de centaines d’animaux de compagnie avaient été découverts à Bérénice.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

Étiquettes: , ,

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *