
Faire avancer la science demande énormément de détermination, de rigueur et, dans le cas d’un célèbre entomologiste américain, une capacité assez remarquable à supporter la douleur.
Une vocation née très tôt
Comme l’écrivait Justin Schmidt dans les colonnes du Guardian en 2018, sa vocation est née lorsqu’il avait sept ans. Fasciné par la réaction provoquée par la piqûre d’une abeille sur la main de son professeur, le scientifique en herbe s’est volontairement exposé à la quasi-totalité des espèces d’insectes piqueurs recensées dans les Appalaches au cours des années suivantes.
Ces expériences lui ont essentiellement appris que chaque piqûre était différente. Et c’est ce point précis qui l’a poussé à finalement s’orienter vers l’entomologie. Décédé en 2023 à l’âge de 75 ans, l’homme a laissé un héritage scientifique considérable.
Au cours de sa longue carrière, il a notamment créé « l’indice de douleur de Schmidt », décrivant et classant sur une échelle de 1 à 4 les piqûres infligées par les hyménoptères, grand ordre d’insectes comprenant les fourmis, les abeilles et les guêpes.

L’échelle de douleur de Schmidt
L’homme plaçait par exemple les abeilles de la famille des Halictidae, à la piqûre « légère et éphémère, comparable à une minuscule étincelle roussissant un poil de votre bras » à l’extrémité inférieure de l’échelle. Le second barreau inclut celle de la guêpe jaune, « brûlante et lancinante », et le troisième celle de la fourmi rouge, « audacieuse et implacable », et « comparable à l’utilisation d’une perceuse pour extraire un ongle incarné ».
Au sommet de l’échelle, on trouve la célèbre fourmi balle de fusil (Paraponera clavata). Selon Schmidt, la douleur provoquée s’apparentait au fait de « marcher sur des charbons ardents avec un clou rouillé de 7 centimètres enfoncé dans le talon ».
Les seules piqûres s’en rapprochant en termes d’intensité étaient celles des guêpes Pepsis, connues pour s’attaquer aux tarentules, et Synoeca. En comparaison, la douleur provoquée ne persiste pas plus de 2 minutes, contre 24 heures pour P. clavata.
Si l’entomologiste américain estimait avoir été piqué un millier de fois par plus de 150 espèces d’insectes différentes, un biologiste brésilien a quant à lui marché sur plus de 40 000 serpents venimeux pour faire avancer la science.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
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