Distinguer le sexe des dinosaures est un casse-tête pour les chercheurs depuis toujours. Une étude récente sur les hadrosaures change pourtant la donne grâce à des indices surprenants. Ces fractures caudales spécifiques raconteraient une histoire d’accouplement intense. Découvrez comment une analyse inédite des fossiles permet de déchiffrer ces vestiges du passé.

Des fractures inexpliquées sur les vertèbres caudales intriguent les experts du monde entier depuis des décennies
Les paléontologues butaient depuis longtemps sur un mystère tenace concernant les hadrosaures. Ces herbivores présentaient très souvent des lésions étranges situées au bout de la queue. Cette anomalie revenait constamment sur les fossiles trouvés en Eurasie et en Amérique du Nord, peu importe l’âge du spécimen analysé.
Une équipe de l’université Queen’s a examiné minutieusement cinq cents vertèbres endommagées. Le constat est sans appel et révèle un motif de blessure identique sur tous les os. Ce traumatisme systématique suggère un comportement spécifique partagé par toutes ces espèces de dinosaures à bec de canard.
L’élimination des causes classiques comme la prédation ou les combats oriente soudainement vers une piste intime
Les scientifiques ont d’abord pensé à des attaques de prédateurs affamés. Cependant, l’absence totale de traces de morsures a vite écarté cette idée initiale. Les os ne montraient aucun signe caractéristique laissé par les dents d’un carnivore cherchant à se nourrir, ce qui a forcé à chercher ailleurs.
Visualisez ensuite l’hypothèse d’un combat violent entre congénères pour le territoire. Cette théorie ne tient pas car les impacts se situent sur le dessus des vertèbres. Des coups latéraux auraient été logiques lors d’affrontements physiques utilisant la queue comme une arme de défense.
Les simulations informatiques ont alors pointé vers une pression très localisée. La zone concernée se trouve près du cloaque abritant les organes reproducteurs. Tout indique une contrainte mécanique forte exercée précisément à cet endroit critique de l’anatomie de l’animal, validant ainsi une nouvelle hypothèse audacieuse.
Un accouplement brutal et répété serait la cause principale des lésions observées sur les femelles dinosaures
La saillie latérale des mâles expliquerait parfaitement ces compressions vertébrales spécifiques. Le poids du partenaire écrasait probablement le haut de la queue durant l’acte reproducteur. Ces fractures guérissaient ensuite, prouvant que ces blessures n’étaient pas mortelles pour les femelles concernées par ces traumatismes.
Ce comportement reproductif agressif existe encore chez certaines espèces animales actuelles. Pensez aux otaries ou à certaines tortues qui agissent de façon similaire aujourd’hui. L’évolution conserve parfois des méthodes rudes si elles assurent efficacement la transmission des gènes à la génération suivante, malgré la violence apparente de l’accouplement.
Cette découverte majeure transforme chaque vertèbre fracturée en un indicateur sexuel précieux pour la science
Cette avancée offre une clé inespérée pour identifier le sexe des fossiles avec certitude. Chaque vertèbre cicatrisée devient une preuve tangible de l’appartenance au genre féminin. Les chercheurs peuvent désormais trier les ossements avec une précision impossible à atteindre auparavant, marquant un tournant pour la paléontologie moderne.
Ces nouvelles données ouvrent la voie à des études poussées sur la hiérarchie. Comprendre la dynamique sociale des troupeaux devient enfin envisageable grâce à ces traces physiques. Nous percevons mieux comment ces géants interagissaient au quotidien au-delà de leur simple alimentation et de leurs stratégies de survie.
L’analyse des structures osseuses révèle ainsi des pans entiers de biologie invisible. La science ne se limite plus à décrire la forme des os fossilisés. Elle décrypte désormais les mœurs intimes et les comportements cachés de ces créatures disparues depuis des millions d’années grâce à ces indices comportementaux fascinants.
Par Eric Rafidiarimanana, le
Source: sciencepost.fr
Étiquettes: dinosaures, fossiles, Hadrosaures, paléontologie
Catégories: Actualités, Histoire