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Cap sur Sealand, la plus petite nation auto-proclamée au monde

Sa superficie est estimée à 0,00055 km²

Située sur une ancienne plateforme militaire à 10 kilomètres des côtes du Suffolk, en Angleterre, Sealand est occupée depuis 1967 par les membres de la famille du prince Roy et ses sujets. Et bien qu’elle ne soit pas officiellement reconnue comme une nation, elle en possède certaines caractéristiques.

UNE PLATEFORME MILITAIRE DÉSAFFECTÉE

Le territoire de la Principauté de Sealand est le Fort Roughs, une des plateformes de l’armée britannique construites au large de l’estuaire de la Tamise. Ayant contribué à protéger le pays des raids aériens allemands durant la Seconde Guerre mondiale, elle avait été désarmée et laissée à l’abandon à l’issue du conflit.

En 1966, Roy Bates, ancien major de l’armée britannique et vétéran de guerre, entend parler de la structure. Après avoir consulté des avocats et des spécialistes du droit maritime, il découvre que rien ne s’oppose apparemment à la prise de possession de cette dernière.

En effet, à la différence des autres plates-formes de l’estuaire de la Tamise installées pendant la guerre, Fort Roughs a la particularité d’être située dans les eaux internationales et donc de ne dépendre à l’époque d’aucune législation.

Après en avoir pris possession le 25 décembre 1966, le couple Bates proclame officiellement l’indépendance de la principauté le 2 septembre 1967… et en profite pour s’autoproclamer souverain du Sealand.

— © David Liuzzo / Wikimedia Commons

En 1968, la création de la minuscule principauté commence à faire parler d’elle dans la presse, ce qui pousse la Royal Navy à détruire trois plateformes militaires situées à proximité, afin d’empêcher d’autres « dissidents », principalement des radios pirates, de s’y installer.

LA CRÉATION DU SEALAND FAIT LA UNE DES JOURNAUX BRITANNIQUES EN 1968

Le 25 septembre 1975, le prince Roy Bates présente la Constitution de la Principauté de Sealand, rédigée par Alexander G. Achenbach qu’il vient tout juste de nommer premier ministre du territoire.

ACHENBACH ORGANISE UN « COUP D’ÉTAT » EN 1978

Trois ans plus tard, Achenbach organise un « coup d’état » et tente de prendre le contrôle de Sealand par la force. La famille Bates ne se laisse pas abattre et fait appel à l’armée britannique, qui lui fournit un hélicoptère d’assaut. Lorsque la plateforme est finalement reprise, le « traître » et ses hommes sont faits prisonniers, et il faut attendre plusieurs semaines avant que Bates ne les libère.

En 1987, le Royaume-Uni décide l’extension de ses eaux territoriales, et Fort Roughs se retrouve alors hors des eaux internationales. La plateforme est désormais considérée comme faisant partie du comté anglais de l’Essex, et le gouvernement déclare que Sealand ne peut constituer une micro-nation, puisqu’elle ne possède pas à proprement parler de terres.

Le drapeau officiel de la Principauté du Sealand

Néanmoins, cela n’empêche pas Bates et sa famille de continuer à diriger Sealand comme s’il s’agissait d’un état indépendant : le plus petit pays autoproclamé au monde. Bien que la Grande-Bretagne dispose désormais de droits souverains sur la plateforme, elle tolère les agissements du couple princier.

Sealand possède son propre drapeau, son propre hymne national, sa propre monnaie représentant la princesse Joan, ainsi que des timbres-poste officiels et une équipe nationale de football. Il est par ailleurs possible d’acheter tous types de produits dérivés, et même de devenir citoyen virtuel du Sealand (carte d’identité, passeport, titre de noblesse…) moyennant finance, en se rendant sur le site officiel de la Principauté.

En janvier 2007, les 550 mètres carrés de la plateforme sont mis en vente. Quelques jours plus tard, le site The Pirate Bay, facilitant le partage de fichiers en peer-to-peer, parvient à récolter 2 millions de dollars via une collecte de fonds, et se porte acquéreur.

LE SITE THE PIRATE BAY TENTE DE S’OFFRIR LA PLATEFORME EN 2007

La famille Bates s’oppose à la vente du territoire à un annuaire de fichiers torrent, estimant que ce type d’activités « violent les lois du copyright », et l’équipe de The Pirate Bay est contrainte d’abandonner cette idée.

— © Ryan Lackey / Flickr

Depuis le décès du prince Roy en 2012 et de la princesse Joan en 2016, c’est leur fils, le prince Michael, qui s’occupe de la gestion de la plateforme et de la boutique en ligne.

Si la lecture de cet article vous a donné envie de créer votre propre état souverain, sachez toutefois que l’ONU adopté une résolution en 1994 déclarant que les plateformes ne pouvaient être considérées comme des nations à part entière.

Pour aller plus loin, découvrez ces lieux non revendiqués et dont aucun pays ne veut.

Par Yann Contegat, le

Source: Sealand Gov

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