Pékin maintient ses règles portuaires strictes à Qingdao depuis novembre 2025, bloquant les pétroliers russes et iraniens à risque. Deux mois après leur mise en œuvre, ces mesures continuent de perturber le commerce mondial de l’énergie en s’alignant sur les sanctions occidentales.

Des nouvelles règles strictes appliquées depuis novembre au port stratégique de Qingdao
Le port de Qingdao a changé radicalement de politique pour se conformer aux normes mondiales. Les autorités portuaires exigent désormais une transparence totale des navires. Fini le flou artistique qui permettait aux bateaux douteux de décharger leur cargaison sans véritable contrôle.
Depuis le premier novembre 2025, les contrôles sont devenus drastiques pour tous les arrivants. Les navires de plus de trente ans ou ayant une immatriculation visiblement falsifiée sont systématiquement rejetés. Cette mesure vise à nettoyer les eaux chinoises des bâtiments jugés dangereux.
Un système de notation précis pour traquer les navires fantômes et limiter les risques
Les opérateurs doivent maintenant noter chaque pétrolier sur une échelle de cent points. Ce score évalue l’âge du bateau, sa capacité de pollution et sa classification technique. Un système de notation rigoureux permet d’identifier rapidement les menaces potentielles pour la sécurité portuaire.
Tout navire obtenant une note inférieure à cinquante-cinq se voit refuser l’accès immédiat, avec un ban d’un an en cas de rejet. Les autorités classent ces bâtiments comme des navires à haut risque. Cette barrière administrative bloque efficacement les flottes vieillissantes souvent utilisées pour contourner les embargos internationaux sur le brut.
La fin de la tolérance chinoise face aux importations de pétrole sous sanctions internationales
Cette décision marque une rupture avec les pratiques antérieures de la Chine. Pendant longtemps, le pays importait massivement du pétrole russe et iranien via des circuits opaques. Ces échanges contournaient les sanctions internationales en vigueur, au grand dam des observateurs occidentaux et américains.
Les pétroliers utilisaient des pavillons de complaisance pour masquer leur véritable origine. On appelle cela des vaisseaux fantômes, impossibles à relier directement aux États sanctionnés. Ces importations de pétrole clandestin représentaient une part significative de l’approvisionnement énergétique du géant asiatique ces dernières années.
La guerre en Ukraine a renforcé la vigilance mondiale sur ces flux. Les États-Unis surveillent étroitement le respect de l’interdiction d’importer l’or noir russe, avec des sanctions récentes sur Rosneft et Lukoil poussant les majors chinoises à suspendre temporairement leurs achats maritimes. Pékin semble vouloir éviter d’être accusé de complicité avec Moscou dans ce conflit qui s’enlise durablement.
Une pression diplomatique américaine qui pousse Pékin à revoir sa stratégie commerciale
L’ombre de Donald Trump, actuel président des États-Unis, et sa politique tarifaire agressive planent sur cette décision. La menace de lourdes taxes douanières incite la Chine à la prudence économique. Pékin préfère anticiper les conflits plutôt que de subir des droits de douane prohibitifs sur ses exportations.
L’administration américaine a déjà sanctionné l’Inde pour des pratiques similaires avec la Russie. La Chine cherche donc logiquement à se protéger d’un sort identique, tandis que les raffineries chinoises se détournent progressivement du pétrole russe maritime. Cet alignement soudain démontre que la pression diplomatique américaine reste un levier puissant sur les décisions stratégiques chinoises.
Les réactions internationales persistent depuis l’annonce. Kiev salue une mesure qui affaiblit les ressources financières de la Russie, malgré un impact limité sur les importations totales chinoises. Cela prouve que les restrictions économiques mondiales continuent d’impacter même les partenaires les plus réticents du Kremlin.
Par Eric Rafidiarimanana, le
Source: geo.fr
Étiquettes: chine, pétrole, sanctions, Géopolitique
Catégories: Actualités, Monde