Après 12 ans d’absence, Samurai Jack revient sur le petit écran grâce au talent de G. Tartakovsky

Après 12 ans d’absence, Samurai Jack revient sur le petit écran grâce au talent de G. Tartakovsky

La série culte Samurai Jack revient sur les écrans en 2016. Après douze ans d’absence, le héros crée par Genndy Tartakovsky va clore son combat contre le mal absolu, Aku ! Si son look change, le samurai n’a pas perdu de sa splendeur et de son énergie. Avec cette cinquième saison, le créateur et son équipe préparent un final que les fans n’en pouvaient plus d’attendre, une conclusion plus sombre, plus adulte promet Genndy Tartakovsky.

Il est de retour après douze ans d’absence ! Samurai Jack revient pour une ultime saison. Va-t-il enfin réintégrer son époque ? Genndy Tartakovsky, après avoir tenté à plusieurs reprises d’offrir un long métrage à son héros le plus personnel, fait revivre Samurai Jack dans un format télé qui sera diffusé dans les cases Adult Swim de Cartoon Network (le soir et la nuit) avant la fin 2016. Quatre saisons et 52 épisodes de 25 mn n’avaient pas clos le récit de la quête de Jack contre Aku. Le retour de Samurai Jack n’était plus espéré. Lors de sa Master Class au dernier festival international du film d’animation d’Annecy, Genndy Tartakovsky s’est livré à un exercice périlleux, pitcher avec force bruitages et détails l’ouverture du premier épisode ! Rien d’autre n’a filtré !

Un petit saut dans le temps nous ramène à la naissance de Cartoon Network, en 1992, samurai-jack-dessinune période bénie qui va voir éclore des séries devenues cultes telles que les SuperNanas, Johnny Bravo, Le Laboratoire de Dexter puis Samurai Jack, la première série animée clairement destinée à un public plus adulte. Partons sur les traces de ce personnage qui se fait appeler Samurai Jack mais dont on ne sait pas vraiment le nom. Oscillant entre l’absurde à la Monty Python, la poésie du studio Ghibli et l’humour d’un trait cartoon, Genndy Tartakovsky fait renaître une série totalement culte dont la renommée n’a fait que s’accroître depuis son arrêt en 2004.

Né à Moscou en 1970, c’est à Los Angeles que Genndy Borisovich Tartakovsky, plus connu sous le nom de Genndy Tartakovsky, s’est imposé comme l’un des plus prolifiques créateurs de son époque. Il faut dire que la vie ne l’a pas aidé, perdant son père, puis sa mère trop tôt, le jeune Genndy a dû combiner son amour du dessin et la nécessité de rapidement travailler. Il intègre alors une école de publicité. Un heureux hasard l’oblige à s’inscrire dans le seul cours encore disponible : le cours d’animation. Genndy Tartakovsky découvre alors son destin : il sera animateur ! Les dés en sont jetés.

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Dès 1994, il est repéré grâce à un de ses deux films de fin d’étude, Changes, qui pose dexterles bases de ce qui deviendra plus tard Le Laboratoire de Dexter. Après un bref passage en Espagne où il travaille notamment sur Batman, il intègre, grâce à son court métrage d’étude et à son condisciple Craig McCracken (le créateur des Super Nanas), Hanna Barbera, le célèbre studio de Scooby-Doo, Captain Cavern et autres Fous du volant ! Deux pilotes du Laboratoire de Dexter sont diffusés en février 1995 et mars 1996 sur Cartoon Network [chaîne créée après le rachat de Hanna-Barbera en 1992 par Turner]. Avec quatre saisons et un film, Le Laboratoire de Dexter devient l’un des plus forts succès de la chaîne de 1996 à 2003.

 

En 1999, Genndy Tartakovsky imagine Samurai Jack

 

Genndy Tartakovsky quitte Le Laboratoire de Dexter en 1999 et imagine Samurai Jack, un héros projeté par le mal absolu Aku dans un futur totalement dominé par ce monstre protéiforme au visage de masque chinois. Genndy Tartakovsky se dit volontiers peu doué en dessin, son talent est d’avoir réuni autour de Samurai Jack une brochette d’artistes totalement dévoués à cette série et aux talents époustouflants que ce soit Paul Rudish, Scott Wills (et ses décors somptueux) ou Craig Kellman. Phil LaMarr incarne Samurai Jack et le regretté Mako donne sa voix à Aku. Au fil des ans, Genndy Tartakovsky s’est constitué une équipe créative qui le suit du Laboratoire de Dexter jusqu’à Hôtel Transylvanie.

samurai-jackLa série Samurai Jack est restée pour les spectateurs un OVNI, graphiquement exceptionnel. Dans sa quête, le jeune samurai, très rigide, dont l’enfance n’a été qu’une suite d’entraînements et de voyages autour du monde, apprend autant sur lui-même que sur son ennemi. Aku s’amuse avec cruauté à balader ce petit samurai qui a failli le détruire. Tel un chat jouant avec un moinillon, il le regarde s’agiter avec ironie et sarcasme dans ce futur dont Jack n’a pas les clés. Chaque épisode est un passage initiatique pour le jeune homme, et une victoire sur la noirceur de Aku. Malheureusement, la série s’arrête brusquement en 2004, laissant toute l’équipe rincée et épuisée. Le succès était pourtant au rendez-vous, la série a décroché quatre Emmy Awards.

 

C’est alors que Samurai Jack lui ouvre les portes de Star Wars ! George Lucas, fan de la série animée, lui confie la réalisation de Star Wars : Clone Wars, une mini-série animée censée « combler » le temps entre deux productions de longs métrages Star Wars. Trois saisons plus tard (25 épisodes), la lune de miel est terminée et George Lucas lancera trois ans plus tard une autre version animée en CGI cette fois de Star Wars : The Clone Wars, reniant totalement le travail réalisé par Genndy Tartakovsky et son équipe ! Un comble pour ces créateurs, fans absolus de ce space opera ! Las, les récompenses et la reconnaissance du public n’y changeront rien. Le torchon brûle et la version de Tartakovsky est remisée et même effacée de la filmographie officielle de la saga !

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Genndy Tartakovsky lance alors avec Bryan Andrews et Paul Rudish, Sym-Bionic Titan, une série qui après 20 épisodes sera annulée par Cartoon Network, faute de moyens. Cela signe le départ du réalisateur de Cartoon Network après plus de dix ans de collaboration. Tel son héros Samurai Jack, Genndy Tartakovsky part alors en quête de son graal : réaliser des longs métrages d’animation. Las, le chemin est complexe et malgré treize nominations aux Emmy Awards et 3 empochés, il n’arrive à rien et doit revoir ses ambitions après six ans passés à démarcher les studios pour vendre un scénario original.

samouraijack-posterLa providence sonne à sa porte sous la forme d’un projet qui n’arrive pas à se faire chez Sony Animation, le label de Sony Pictures né en 2002. Hôtel Transylvanie est ce projet maudit, développé par 5 réalisateurs qui ont tous jetés l’éponge ! Genndy Tartakovsky s’y attèle avec son équipe et c’est le jackpot ! Après deux longs métrages réalisés pour Sony, Hôtel Transylvanie 1 & 2, Genndy s’ennuie un peu en attendant le lancement d’un troisième opus et Samurai Jack vient se rappeler à son bon souvenir. Pourquoi ne pas repartir sur le format originel et cesser de se battre comme un beau diable pour tirer du parcours initiatique de Jack un long métrage, se dit alors Genndy Tartakovsky !

 

 

Le producteur envoie un mail à son contact chez Cartoon Network et l’affaire est faite en moins de temps qu’il n’en faut à Aku pour dire Jack ! Deux semaines après, la production est lancée. Pas besoin d’avoir vu les épisodes des années 2001-2004 pour entrer dans l’univers de Samurai Jack version 2016.

12 années auront été nécessaires au retour de cette série culte qu’est Samurai Jack. Une longue attente pour les fans qui auront patienté jusqu’à ce que Tartakovsky se replonge dans l’œuvre qui a fait son succès en ouvrant la voie aux séries animées plus adultes. Un public qui va enfin voir le bout de la quête de ce Samurai Jack, un héros que son créateur a voulu aussi faire vieillir, afin qu’il continue à les accompagner ! 12 ans après, cette série n’a pas pris une ride, pour preuve le nombre impressionnant de fanarts qu’elle génère. Ça c’est une autre histoire ! 

 

En 2015, 45,9% des parlementaires européens étaient des femmes.

— @InseeFr