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En Antarctique, des roches roses révèlent des secrets enfouis profondément sous la glace

Elles illustrent l’histoire géologique particulièrement riche du continent glacé

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— Goinyk Production / Shutterstock.com

Dans l’ouest de l’Antarctique, l’examen d’improbables rochers roses, tranchant largement avec les teintes immaculées et sombres de leur environnement, a permis d’éclairer les mécanismes géologiques impliqués.

Sisyphe glaciaire

Ces blocs de granits roses se trouvaient au sommet des monts Hudson. Se basant sur la désintégration des éléments présents dans leurs cristaux, les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Nature Communications Earth & Environment, ont pu établir qu’ils s’étaient formés au cours du Jurassique, il y a environ 175 millions d’années.

L’examen de relevés aériens de la région a révélé de sensibles variations gravitationnelles au sud du massif montagneux, sous le glacier de l’île du Pin. Des analyses approfondies ont révélé une masse granitique sub-glaciaire mesurant une centaine de kilomètres de large pour sept kilomètres d’épaisseur.

Ces caractéristiques suggèrent que les mouvements du glacier ont convoyé ces roches à la couleur inhabituelle, sur des échelles de temps remarquables. Si ces « blocs erratiques glaciaires » sont souvent trouvés à des altitudes inférieures à celles des formations auxquelles ils ont été arrachés, les changements de forme, de taille ou de direction d’écoulement des calottes peuvent entraîner le scénario inverse. Ce qui s’est précisément produit ici.

« Il est remarquable que des blocs de granit rose repérés à la surface nous aient menés à un géant sous-glaciaire », souligne Tom Jordan, du British Antarctic Survey (BAS). « En combinant datation géologique et relevés gravimétriques, nous avons pu établir précisément leur origine. »

Des informations précieuses

Au cours des dernières décennies, la hausse des températures mondiales a entraîné une fonte accélérée des glaciers du monde entier. D’après les chercheurs du BAS, les « archives géologiques » récemment découvertes offrent un aperçu sans précédent de l’écoulement passé de la calotte glaciaire antarctique, à même d’éclairer son futur.

« Elles constituent une mine d’informations sur la structure sous-glaciaire antarctique, autrement largement hors de portée », rappelle la géologue Joanne Johnson.

Celles-ci permettront notamment d’estimer plus précisément l’élévation future du niveau de la mer, à laquelle contribue significativement le continent glacé. On estime en effet que celui-ci grimperait de 65 centimètres si le seul glacier de l’Apocalypse venait à s’effondrer.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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