Couper presque tout le chauffage n’offre pas une solution sûre pour chaque foyer. En revanche, plusieurs gestes réduisent les pertes et améliorent le confort sans surchauffer. L’enjeu consiste surtout à garder la chaleur utile et à mieux protéger les personnes.

Traquer les courants d’air et renforcer l’isolation limite d’abord les pertes avant de toucher au thermostat
Dans une maison ancienne, les fenêtres peuvent représenter environ 14 % des pertes thermiques. Des joints neufs, des bas de porte et des fissures colmatées freinent alors les infiltrations d’air. Cependant, ces gestes ne doivent jamais bloquer les entrées d’air ni les bouches de ventilation.
La nuit, fermer les volets et tirer des rideaux épais ralentit aussi le refroidissement. À l’inverse, ouvrir les protections le jour permet au soleil de réchauffer gratuitement les surfaces intérieures. Un tapis épais réduit également la sensation de froid sur un sol carrelé.
Ces solutions atteignent vite leurs limites dans une passoire énergétique. Au 1er janvier 2025, la France comptait environ 3,9 millions de résidences principales en classes F et G. Ainsi, isoler le toit, les murs ou les planchers apporte un gain bien plus durable.
Humidité, soleil et aération changent fortement le confort ressenti même quand le chauffage reste modéré
Un logement froid et humide paraît souvent plus inconfortable qu’un air sec à température comparable. L’Ademe conseille donc une aération quotidienne courte, fenêtres grandes ouvertes, même pendant l’hiver. Cette habitude évacue notamment la vapeur d’eau produite par les douches, la cuisine et le linge humide.
Le soleil devient aussi une source gratuite de chaleur lorsque les vitrages restent dégagés en journée. Ensuite, volets et rideaux fermés ajoutent une protection dès que la lumière baisse. Cette alternance simple aide surtout les logements équipés de fenêtres anciennes ou peu performantes.
Chauffer davantage le corps que la pièce peut réduire la consommation, mais cette méthode demande des précautions
Plusieurs couches de vêtements retiennent mieux la chaleur qu’un seul vêtement très épais. Chaussettes, chaussons, laine et textiles polaires protègent les zones qui refroidissent rapidement. De plus, une couette adaptée et une bouillotte chaude améliorent le confort pendant la nuit.
Le projet Slowheat a testé cette logique auprès de 23 foyers bruxellois pendant trois ans. Les participants ont réduit leur température intérieure moyenne d’environ 19 °C à près de 15 °C. Ainsi, leur consommation de chaleur a baissé d’environ 50 %, sans hausse de leur consommation électrique.
Une boisson chaude apporte une sensation de chaleur utile dans une pièce peu chauffée. En revanche, l’alcool dilate les vaisseaux cutanés et accélère les pertes thermiques malgré une chaleur passagère. Des équipements chauffants individuels complètent ces gestes, mais ils ne remplacent pas une température sûre.
Sous 18 °C, certaines personnes deviennent plus vulnérables et les chauffages de fortune ajoutent un autre danger
L’Organisation mondiale de la Santé retient 18 °C comme repère minimal pour protéger la population générale en saison froide. Par ailleurs, l’Ademe recommande 19 °C dans une pièce de vie occupée. Les personnes âgées, les nourrissons et les personnes fragiles peuvent avoir besoin de davantage de chaleur.
Un chauffage à combustion mal utilisé peut produire du monoxyde de carbone, invisible et inodore. En France, environ 3 000 personnes subissent chaque année une intoxication accidentelle à ce gaz. Ainsi, maux de tête, nausées ou confusion imposent d’aérer, sortir puis appeler le 15, le 18 ou le 112.