― Everett Collection / Shutterstock.com

A soixante-dix ans, Paul Alexander estime avoir eu une vie bien remplie. Pourtant, cet habitant du Texas n’est jamais sorti du caisson en acier dans lequel il est confiné depuis 1952. Ayant reçu un diagnostic de polio l’année de ses six ans, Paul Alexander survit grâce à une machine respiratoire appelée « poumon d’acier ». Elle encapsule tout son corps, laissant seulement dépasser sa tête.

Condamné à vie, mais condamné à vivre

La poliomyélite est une maladie qui dérive du poliovirus et peut conduire à une paralysie totale du corps, comme dans le cas de Paul Alexander. La maladie est désormais éradiquée dans la plupart des pays du monde, grâce à des recherches médicales de plusieurs décennies qui ont abouti au vaccin que l’on connaît aujourd’hui. Seuls l’Afghanistan, le Pakistan et le Nigéria recensent encore des cas de polio.

La polio est une maladie qui peut paralyser les bras et les jambes mais aussi les voies respiratoires, en atteignant la moelle épiniaire. Le « poumon d’acier » qui habille le corps de Paul Alexander lui permet de respirer grâce à un système de ventilation en métal. Cette machine inventée dans les années 1950 était assez couramment utilisée pendant les épidémies du siècle dernier. Aujourd’hui, son créateur a mis fin à la fabrication de nouvelles pièces, et l’appareil de Paul a tout l’air d’être sorti d’un autre temps.

Cet ovni d’acier a ainsi fait voyager Paul Alexander à travers les âges, sans jamais qu’il ne perde espoir. « Je ne voulais pas mourir, alors j’ai continué de me battre », a-t-il déclaré au Smithsonian Magazine.

Un mental d’acier

Alexander confie au Guardian avoir traversé de lourdes épreuves. S’adapter à une vie normale depuis l’énorme caisson d’acier qui l’entourait était extrêmement difficile. Il dit s’être senti rejeté par les autres.

Ce qui a permis à Paul de garder sa forme, c’est peut-être moins la force de la machine que celle de son caractère. « Je n’ai jamais abandonné et je n’ai pas l’intention de le faire », a-t-il certifié au Smithsonian Magazine.

Après avoir été refusé par plusieurs universités, Paul Alexander a suivi des études de juriste, dont il a obtenu le diplôme du premier coup. Il a ensuite travaillé comme avocat, et était « sacrément bon », comme il l’a fièrement affirmé au Smithsonian Magazine. Son handicap ne l’a pas empêché d’avoir de nombreux clients. Mais sa persévérance ne s’est pas arrêtée là. En 2020, Paul Alexander a terminé l’écriture de son livre Three Minutes for a Dog : My Life in an Iron Lung. Il a rédigé l’intégralité de ce récit autobiographique sans bien sûr pouvoir faire usage de ses mains. En effet, Paul a tracé chacun des mots de son livre en tenant un stylo dans la bouche !

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