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Planète errante : des astronomes confirment pour la première fois la masse d’un monde sans étoile

Un heureux concours de circonstances

Vue d’artiste d’un évènement de lentille gravitationnelle produit par une planète errante — © Jan Skowron / Astronomical Observatory, University of Warsaw

À 10 000 années-lumière, des astronomes ont détecté une planète de la taille de Saturne flottant librement dans le cosmos. Les données du télescope spatial Gaia et d’observatoires terrestres ont permis de confirmer pour la première fois la masse de ce type de monde.

KMT-2024-BLG-0792

La plupart des planètes errantes connues se révèlent plus massives que Jupiter, ou plus légères que Neptune. Connu sous le nom de « désert d’Einstein », le fossé les séparant est lié au fait que les premières soient plus susceptibles de se former à bonne distance d’un astre, tandis que les « frêles » secondes peuvent être facilement éjectées de leurs orbites d’origine.

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Science, Andrzej Udalski, de l’université de Varsovie, et ses collègues ont confirmé pour la première fois l’existence d’un monde vagabond (appartenant par ailleurs à la catégorie intermédiaire évoquée plus haut), en profitant d’un heureux concours de circonstances.

Connu sous le nom de KMT-2024-BLG-0792, celui-ci a été détecté indépendamment par deux télescopes terrestres, grâce à un phénomène connu sous le nom de microlentille gravitationnelle. Lorsqu’un objet « discret » passe devant une étoile éloignée, il va subtilement modifier sa luminosité. De telles fluctuations peuvent ensuite être utilisées pour déduire sa masse ainsi que d’autres caractéristiques.

Par chance, les yeux du télescope spatial Gaia étaient également braqués sur cette portion éloignée du cosmos. Un recoupage minutieux des données collectées par le trio a révélé que la planète errante était environ cinq fois moins massive que Jupiter.

Satellite Gaia
Vue d’artiste du télescope spatial Gaia — © European Space Agency / Wikimedia Commons

Une étude essentielle

Selon Udalski, l’étude des planètes errantes est essentielle pour approfondir notre compréhension de la formation des différents types de systèmes planétaires.

« Ces mondes sont généralement éjectées très tôt dans leur histoire », souligne le chercheur. « On pense également qu’un jeune Système solaire aurait été amené à se débarrasser d’une planète. »

Pour les débusquer, les astronomes pourront bientôt compter sur le télescope spatial Nancy Grace Roman de la NASA, dont le lancement est prévu pour 2027.

Il y a quelques mois, une planète errante à l’appétit record avait été détectée.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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