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Nécrobots : des scientifiques créent des robots bio-hybrides à base… de crustacés morts

Rien ne se perd

— © 2025 CREATE Lab EPFL / CC-BY

Une équipe de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL) a réalisé une nouvelle percée dans le domaine de la « nécrobotique », en utilisant des restes de crustacés pour mettre au point des robots remarquablement performants.

Machines macabres

Pour créer leurs « machines macabres », les chercheurs se sont tournés vers des queues de langoustines qui auraient autrement fini à la poubelle. Faites de chitine, ces structures organiques façonnées par des millions d’années de sélection naturelle se révèlent remarquablement robustes, peuvent effectuer des mouvements complexes et se biodégradent lentement.

« Leurs exosquelettes combinent coquilles minéralisées et membranes articulaires, offrant un équilibre entre rigidité et flexibilité qui permet à leurs segments de bouger indépendamment », détaille la nouvelle étude, publiée dans la revue Advanced Science. « Nous proposons un processus de conception cyclique durable, reposant sur le recyclage et l’adaptation de matériaux à de nouvelles tâches. »

Concrêtement, l’approche a impliqué leur couplage à des composants élastiques agissant comme des tendons, ainsi qu’une base motorisée. Résultat : les restes de crustacés se comportaient comme de véritables muscles.

Lors d’expériences, une pince bio-robotique expérimentale a été capable de saisir agilement des objets pesant jusqu’à 500 grammes, allant d’un stylo fin à une tomate juteuse, sans les endommager. Transformées en nageoires, les queues de langoustine ont également permis à un nécrobot de se déplacer dans l’eau à la vitesse de 11 centimètres par seconde.

Un potentiel réel

Selon l’équipe, il s’agit des premiers travaux à démontrer le potentiel de « déchets alimentaires » comme alternative aux éléments à base de plastique de métal utilisés dans la robotique conventionnelle.

« Bien que la nature ne fournisse pas toujours la forme optimale, elle surpasse de nombreux systèmes artificiels », rappellent les chercheurs.

Précédemment, des scientifiques texans avaient transformé des cadavres d’araignées en « nécrobots », qui pourraient notamment être utilisés pour l’assemblage de composants électroniques.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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