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Des générations de Néandertaliens se sont livrées à une étrange collection dans cette grotte

Il aurait pu s’agir de trophées de chasse ou d’objets utilisés dans le cadre de rituels

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— Gorodenkoff / Shutterstock.com

Dans une grotte du centre de l’Espagne, une quantité inhabituelle de crânes de grands herbivores préhistoriques indique une intrigante tradition néandertalienne, ayant perduré des milliers d’années.

Des dizaines de crânes de grands herbivores

Les fouilles de la grotte Des Cubierta ont révélé d’anciens foyers, ainsi que des dents de Néandertaliens et des outils « moustériens », technologie lithique typique de nos cousins disparus. Mais la découverte la plus intrigante se résume à une trentaine de crânes de créatures préhistoriques plutôt massives (bisons, aurochs, rhinocéros des steppes et grands cervidés), aux cornes intactes.

Le fait que seules ces sections de leurs squelettes aient été trouvées sur ce site préhistorique indique que ces animaux étaient abattus et dépecés ailleurs, et leurs crânes par la suite entreposés dans la grotte.

Qualifiée d’unique, une telle collection renforce l’idée de formes d’expression symbolique chez H. neandethalensis, pierre angulaire de l’évolution cognitive humaine que l’on a longtemps supposée être l’apanage d’Homo sapiens. Selon les chercheurs, il aurait pu s’agir pour ces anciens humains de trophées de chasse, ou d’objets utilisés dans le cadre de rituels ésotériques ou initiatiques.

— © Baquedano et al. / Nature Human Behaviour 2023 / CC-BY

Un comportement transmis sur une période prolongée

Si des analyses antérieures d’échantillons de pollen et de sédiments avaient indiqué des dépôts de crânes réalisés il y a entre 71 000 et 57 000 ans, la question de savoir si la grotte avait été ou non utilisée de manière ininterrompue au cours de cette période restait ouverte.

Afin d’en savoir plus, les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Archaeological and Anthropological Sciences, ont procédé à une analyse géostatistique et spatiale détaillée des couches renfermant ces témoignages préhistoriques. Celle-ci a permis d’appuyer la piste d’une pratique symbolique au long cours et multi-phases (avec de longues « pauses »), ayant impliqué de nombreuses générations de Néandertaliens.

« Ces interactions indiquent un comportement répété, motivé par des raisons culturelles et transmis sur une période prolongée », résument les chercheurs.

Précédemment, la découverte de « crayons » vieux de 42 000 ans avait renforcé l’idée que les Néandertaliens étaient des artistes.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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