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Un squelette médiéval dans un sarcophage romain : le mystère de l’abbaye de Westminster enfin éclairci

« Comme souvent en archéologie, les choses se révèlent bien plus complexes qu’elles ne le semblaient à première vue »

squelette
Image d’illustration — Tonkovic / Shutterstock.com

Découvert en 1820 dans l’enceinte de la célèbre abbaye anglaise, un sarcophage en calcaire remontant au IVe siècle a bénéficié d’un examen approfondi, concluant qu’il renfermait les restes d’un abbé médiéval.

Un nouvel examen

S’il avait été à l’époque rapidement établi que le sarcophage lui-même datait de la fin de la période romaine, en raison de ses ornementations et d’une inscription en latin évoquant un certain Valerius Amandinus, l’absence d’artefacts habituellement associés à de telles sépultures suggérait sa réutilisation des siècles plus tard. Une hypothèse appuyée par la présence d’une grande croix anglo-saxonne sur son couvercle.

Dans le cadre de récents travaux publiés dans le Journal of the British Archaeological Association, l’archéologue Warwick Rodwell a ouvert le sarcophage et examiné son contenu : un cercueil en bois renfermant le squelette d’un homme mesurant 1,75 mètre et âgé d’une quarantaine d’années au moment de sa mort.

Associée à la présence de chaux, qui aurait autrefois recouvert le corps du défunt, la datation au radiocarbone des ossements a permis de situer cette inhumation entre 987 et 1052.

Comme l’explique Rodwell, il ne pouvait s’agir que d’un abbé médiéval. « Aucun religieux de rang inférieur n’aurait bénéficié d’un tel enterrement », souligne-t-il. « La croix latine indiquait également un haut statut ecclésiastique. »

Ælfwig ou Wulfnoth

Les deux figures de l’abbaye identifiées sont Ælfwig, décédé vers 1020, et Wulfnoth, vers 1049. Rodwell considère le premier comme le candidat le plus probable, étant donné qu’il était déjà moine à Westminster lorsque l’abbé précédent est décédé, et qu’il a occupé cette fonction pendant environ 27 ans.

Le sarcophage aurait été initialement enterré dans le sol du bras est de l’église abbatiale, son couvercle servant probablement de dalle, avant d’être exhumé lors de travaux menés sous le règne d’Henri III (1216 à 1272), puis réenterré dans l’ancienne cour de la sacristie.

« Comme souvent en archéologie, les choses se révèlent bien plus complexes qu’elles ne le semblaient à première vue », conclut Rodwell.

Il y a deux ans, des analyses avaient suggéré que les restes trouvés dans un sarcophage en plomb sous la nef de Notre-Dame étaient ceux d’un célèbre poète du XVIe siècle.

Par Yann Contegat, le

Source: The Guardian

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