L’économiste et lauréat du prix Nobel de la paix, Muhammad Yunus, est devenu internationalement renommé pour son système révolutionnaire de microcrédit, ces petits prêts à des entrepreneurs trop pauvres pour pouvoir bénéficier de prêts bancaires traditionnels. Ce système a permis à des millions de personnes d’échapper à la pauvreté. Véritable source d’inspiration en matière de responsabilité sociétale de l’entreprise, en droit de l’Homme, et en entrepreneuriats, découvrons qui est Muhammad Yunus.

Muhammad Yunus est né le 28 juin 1940 à Chittagong, au Bangladesh. C’est un économiste et fondateur de la Grameen Bank, une institution qui fournit des microcrédits pour aider ses clients à établir leur solvabilité et leur autonomie financière. Ces prêts sont notamment accordés à des entrepreneurs trop pauvres pour pouvoir prétendre aux prêts bancaires classiques. En 2006, Yunus et la Grameen Bank ont reçu le prix Nobel de la paix « pour leurs efforts visant à encourager le développement social et économique par en bas ».

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Le Comité Nobel norvégien a noté que « une paix durable ne peut être instaurée que si de larges groupes de la population trouvent des moyens d’échapper à la pauvreté », et que « par le biais des cultures et des civilisations, Yunus et la Banque Grameen ont montrés que même les plus pauvres des pauvres peuvent travailler à leur propre développement. » Yunus a également reçu plusieurs distinctions nationales et internationales, dont notamment la Médaille Présidentielle de la Liberté en 2009 aux États-Unis, et la Médaille d’or du Congrès en 2010, toujours aux États-Unis.

MUHAMMAD YUNUS EST ÉGALEMENT MEMBRE DU COMITÉ D’HONNEUR DE LA FONDATION CHIRAC

Il a également reçu le prix Prince des Asturies de la Concorde en 1998, ainsi que le prix international Simon Bolivar en 1996. Il est aussi le premier lauréat du King Hussein Humanitarian Award, qu’il a reçu en Jordanie en 2000. En 2008, le magazine Foreign Policy le considérait comme le numéro 2 sur la liste des « 100 meilleurs penseurs mondiaux ». La vision de Muhammad Yunus est simple : éliminer la pauvreté du monde ; et c’est en honneur à l’application de cette vision qu’il reçut tous ces prix et bien d’autres encore.

Un monde sans pauvreté

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Né dans la ville portuaire de Chittagong, au Bangladesh, Yunus est motivée par sa vision d’un monde sans pauvreté. Cela a commencé en 1976, quand il a vu des villageois tisserands vivant dans une pauvreté abjecte malgré leur talent. Considérés comme présentant de faibles risques de crédit, les artisans ont été obligés d’emprunter de l’argent à des taux d’intérêt élevés pour acheter du bambou, ne réalisant ainsi aucun bénéfice après avoir remboursé les prêteurs.

Yunus a alors sorti de l’argent de sa propre poche pour en prêter à un groupe de femmes qui avaient remboursé les fonds et, pour la première fois, elles ont réalisé un petit bénéfice. Yunus s’est alors rendu compte que grâce à de petits emprunts et à des services financiers, il pourrait aider les pauvres à se libérer de la pauvreté. En 1983, il a créé la Grameen Bank (banque du village), fondée sur sa conviction que le crédit est un droit humain fondamental. Au cours du dernier quart de siècle, la banque a été le fer de lance d’un réseau d’institutions similaires regroupant 100 pays, permettant à des millions de personnes d’échapper à la pauvreté grâce à une autonomisation économique individuelle.

LA PHILOSOPHIE DE YUNUS EST D’AIDER LES PAUVRES A S’AIDER EUX-MÊMES. IL NE RÉPOND JAMAIS QUAND UN MENDIANT TEND LA MAIN POUR DE DEMANDER DE L’ARGENT

Une carrière phénoménale

Après avoir enseigné l’économie à l’université de Chittagong de 1961 à 1965, Yunus a remporté une bourse Fulbright. Il a alors étudié et enseigné à l’Université Vanderbilt de 1965 à 1972, obtenant ainsi un doctorat, puis en économie en 1969. Il retourne à l’Université de Chittagong à la tête du département d’économie en 1972 et commence à étudier les aspects économiques de la pauvreté en 1974 lorsque la famine a balayé le Bangladesh. C’est en 1976 que Yunus a lancé un programme de microcrédit, et le gouvernement du Bangladesh a fait du projet Grameen Bank une banque indépendante en 1983, le gouvernement détenant une participation minoritaire.

En février 2007, Yunus est entré dans l’arène politique du Bangladesh en formant un parti politique nommé Nagorik Shakti, et a annoncé son intention de contester les prochaines élections. Cette annonce a eu lieu lors d’un état d’urgence et d’un conflit grave entre les deux principaux partis du pays, la Ligue Awami et le Parti national du Bangladesh. Yunus a promis que son mouvement chercherait à rétablir la bonne gouvernance et à éliminer la corruption. En mai 2007, cependant, Yunus a abandonné ses efforts pour établir le parti, invoquant un manque de soutien.

Flickr / University of Salford Press Office

En 2010, Yunus et la Grameen Bank ont été examinés de près après la sortie du film documentaire à leur sujet. En plus de critiquer les microcrédits, le film a affirmé que Yunus et la banque avaient détourné des fonds donnés par la Norvège. Bien que les autorités norvégiennes aient par la suite clarifié la situation, le gouvernement du Bangladesh a ouvert une enquête. En 2011, la banque centrale du pays a limogé Yunus au poste de directeur général de Grameen Bank, invoquant un âge de départ à la retraite obligatoire de 60 ans. Yunus, qui avait 60 ans en 2000, a immédiatement attaqué la décision. Cependant, les tribunaux du Bangladesh ont par la suite confirmé son expulsion.

YUNUS A REÇU DE NOMBREUX TITRES HONORIFIQUES DONT LE TITRE DE DOCTEUR HONORIS CAUSA DE L’UNIVERSITÉ CATHOLIQUE DE LOUVAIN ET DE L’HEC PARIS.

Heureusement, la carrière de son grand homme ne se limite pas à sa banque. En février 2011, Yunus a cofondé Yunus Social Business (YSB) avec Saskia Bruysten, Sophie Eisenmann et Hans Reitz. YSB crée et donne aux entreprises sociales les moyens de traiter et de résoudre les problèmes sociaux du monde entier. En 2012, il est devenu chancelier de la Glasgow Caledonian University en Écosse. Yunus siège également au conseil d’administration de la Fondation des Nations Unies. Et il a aussi écrit plusieurs livres, dont « Building Social Business » en 2010, et « Un monde à trois zéros : La nouvelle économie de la pauvreté zéro, du chômage zéro et des émissions zéro carbone » en 2017.

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