
Si de nombreuses formations géologiques se distinguent par leur forme spectaculaire, la « montagne arc-en-ciel », dans le sud-est du Pérou, présente un assortiment remarquable de teintes.
Vinicunca
Dérivé du terme quechua « Winikunka », qui fait référence à la géologie particulière de la région et la finesse de sa crête, Vinicunca, ou « Arco iris » pour les locaux, fait partie de la Cordillère de Vilcanota et culmine à plus de 5 000 mètres d’altitude.
Située à environ 80 kilomètres en amont de Cuzco, seconde plus grande ville du pays, cette montagne constitue un passage obligé pour de nombreux bergers péruviens et leurs troupeaux d’alpagas et de lamas, animaux emblématiques des Andes.
Des millions d’années d’érosion (pluie, neige, vents violents et variations de températures extrêmes), ont lentement sculpté les pentes abruptes de Vinicunca et révélé sa robe bigarrée. Comme l’explique la Société géologique du Pérou, ces sept couleurs (pastel durant la saison sèche mais devenant plus vives après une averse) correspondent à autant d’assemblages minéraux et sédimentaires.
Le rose résulte d’un mélange d’argile rouge, de boues et de sable. Le blanc de sable quartzeux et de marnes riches en carbonate de calcium. Les sections rouges se composent de différents types d’argiles, les vertes de phyllites et d’argiles mafiques, et les bandes brunes de roches magnésiennes remarquablement anciennes. Enfin, le jaune moutarde est associé à des grès calcaires riches en minéraux sulfurés.
Le revers de la médaille
Ayant longtemps échappé au tourisme de masse, la « montagne arc-en-ciel » a acquis une renommée mondiale avec l’essor des réseaux sociaux. Comme on peut l’imaginer, ce nouveau statut s’accompagne de conséquences négatives.
En 2023, une étude concluait que cet afflux massif de visiteurs avait causé en moins d’une décennie une importante dégradation du paysage (grandes quantités de déchets, transformation de zones abritant une faune et une flore riches en parkings et sentiers érodés).
Autre merveille du Pérou : les salines de Maras, ces milliers de bassins creusés dans la « Vallée sacrée des Incas ».