Madagascar figure parmi les pays qui possèdent une identité culturelle très riche en diversité. En effet, avec les influences venues d’Afrique, d’Asie et d’Inde, la population malgache compte 18 ethnies bien distinctes. Chacune d’elles se trouve dans une zone géographique déterminée. Il existe également des sous-ethnies dont on ne peut déterminer le nombre exact. Les Mikea en font partie.

Les Mikea forment un groupe minoritaire des Malgaches. C’est une petite communauté issue des tribus Maromainty et Masikoro. Ils vivent dans une forêt sèche d’une superficie de 3 500 kilomètres carrés environ, dotée d’une biodiversité exceptionnelle. D’ailleurs, cette forêt porte le nom de « Mikea ». Celle-ci se situe au sud-ouest du pays, entre Toliara et Morombe. Les Mikea y vivent dans des conditions difficiles, voire extrêmes.

Selon Jeanne DINA et Jean-Michel Hoerner dans leur article « Étude sur les populations Mikea du sud-ouest de Madagascar » en 1976, Mikea signifie littéralement « qui ne veut pas être poursuivi ». Les Mikea sont pareils, qu’ils viennent du nord de la forêt où l’eau abonde, ou qu’ils viennent du sud où l’eau se fait rare. Des tubercules aqueux sont leur source quotidienne en eau. Sinon, ils ont aussi recours au « bahoho », une racine dotée d’une forte teneur en eau, autant pour s’hydrater que pour faire bouillir les aliments. Pendant la saison sèche, ils utilisent leur stock d’eau, venant du ruissellement des toits lors de la saison des pluies, puisque l’eau du puits se fait rare.

Un peuple autochtone similaire aux Mikea

Qui sont les Mikea ?

Les Mikea sont des descendants de Malgaches qui se sont cachés dans la forêt, à partir du XVIIIe siècle, pour échapper aux guerres militaires et aux invasions des colons. De ce fait, le concept Mikea est une fuite devant la modernité et ses contraintes, une rébellion contre la civilisation et contre leur propre souverain qui voulait les troquer contre des armes à feu, du rhum ou encore des cotonnades. Certes, ce sont des autochtones qui vivent en cachette, cependant ils vivent heureux parce qu’ils mènent leur vie comme ils l’entendent.

Des autochtones en pleine chasse © Wikipedia /
Idobi /
 Creative Commons

Les Mikea parlent un dialecte de la langue malgache, qui est une branche de la linguistique du groupe malayo-polynésien dérivé de la langue barito, parlée dans le sud de Bornéo. Il est proche de celui parlé par les pêcheurs Vezo et le clan Sakalava des éleveurs Masikoro. Indépendamment de toutes les ethnies et sous-ethnies de Madagascar, ils possèdent leurs propres coutumes ainsi que leur propre culture.

Il existe des idées préconçues sur le fait que les Mikea sont des sauvages, des Vazimba, des Pygmées nus aux cheveux longs. Ce qui est probablement faux puisqu’ils se servent de seaux, de marmites et d’autres ustensiles que nous, civilisés, utilisons. Quant à la façon dont ils s’habillent, ils portent nos tee-shirts et nos shorts. Toutefois, il n’est pas exclu que certains d’entre eux s’habillent encore de pagnes.

Un champ de maïs © Pixabay

Comment vivent les Mikea ?

Les Mikea sont connus pour être des chasseurs-cueilleurs qui se sont convertis en éleveurs-cultivateurs. Pour se nourrir, ils parcourent environ 10 km chaque jour. Ils chassent les hérissons et les porcs-épics, recueillent du miel et des ignames, des plantes à gros tubercules comestibles. Ils cultivent aussi bien le manioc que le maïs. Ils ont également recours à la pêche ainsi qu’à la cueillette de fruits sauvages. Vivant à l’écart de toute civilisation, sans aucune technologie, ils frottent des branches sèches pour faire du feu. Pour avoir du tabac, ils troquent tout ce dont ils peuvent se procurer dans la forêt.


LES MIKEA ET LA MUSIQUE VONT TOUJOURS DE PAIR

Les Mikea sont célèbres pour détenir le secret des « ody gasy » (gris-gris) ainsi que des différentes vertus des plantes médicinales. Ceci étant, le système de croyances des Mikea tourne autour du culte des ancêtres. Ils partagent aussi la croyance, commune à Madagascar, en un Dieu créateur, nommé Zanahary. Beaucoup croient à l’existence d’esprits de la forêt : Koko. En outre, dans chaque campement il existe un « sage », l’Ombiasy. Quant à la prise de décision, elle est octroyée au plus ancien membre masculin de la famille. Les Mikea ne fonctionnent pas comme dans les systèmes de castes.

Des instruments typiquement malgaches © Wikimedia /
Soinuenea – Herri Musikaren Txokoa

La musique occupe une part importante dans la vie sociale et spirituelle des Mikea. Des chants particuliers sont largement associés à un large éventail d’événements sociaux et cérémoniels tels que les funérailles, les rituels de guérison, la possession par des esprits, les compétitions de lutte ou encore le rituel de circoncision. À part les sifflements et les cris, les Mikea utilisent des instruments de musique tels que l’arc musical sur calebasse, le hochet et le xylophone de 7 bâtons.

Les Mikea : un peuple en voie de disparition

La localisation géographique des Mikea © Wikipedia /
Madagascar_range_map_template.svg:org


IL N’Y A PLUS QUE 400 MIKEA RECENSÉS

Les Mikea sont actuellement menacés par la déforestation due à l’exploitation illicite de bois, à la fabrication de charbon et au banditisme. D’après les témoignages recueillis venant des notables traditionnels Mikea, 46 000 ha de forêts ont été détruits en 2018. S’ajoutent à cela la création de routes dans les forêts ainsi que les vagues de migration depuis 1950 qui perturbent gravement les Mikea et qui les exposent à divers dangers qui étaient inexistants lors de leur isolement.

A ce jour, cette tribu ne compte plus qu’environ 400 membres. D’ailleurs, un appel à l’État a été émis dans le but de protéger leur ethnie et leur identité. Concernant leur dépendance à l’environnement, on peut dire que cela relève amplement des droits de l’Homme. Par ailleurs, ce peuple constitue un patrimoine culturel malgache. À défaut de mesures adéquates, les Mikea sont condamnés à l’extinction.

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VINSON

Tristement et encore une fois de plus cet article sur les Mikea est rempli d’erreurs et de mensonges. Pour ne citer que deux points sur des dizaines je dirais ceci: 1er/ l’année dernière en 2018 ce n’est pas 46.000 hectares qui ont disparu mais 4.700 hectares ce qui est deja… Lire la suite »