
Élancements, pulsations… les maux de dents sont une véritable plaie. Il s’avère que pendant des millénaires, nos ancêtres ont attribué ces douleurs répandues… à de minuscules vers.
De l’Antiquité…
Les plus anciens témoignages historiques de cette croyance proviennent de Mésopotamie, correspondant à la région située entre le Tigre et l’Euphrate, où est née l’écriture il y a plus de 5 000 ans. Dans ces sociétés antiques, les maladies étaient souvent interprétées comme des manifestations de forces divines, et les affections dentaires n’échappaient pas à cette logique.
Les deux exemples qui suivent font référence au « tûltu », ver initialement envoyé sur Terre par les dieux pour se repaître des restes de nourriture coincés entre les dents de pauvres humains.
« Le ver s’est fait hostile, pénétrant la chair et se frayant un chemin à travers l’os », peut-on notamment lire sur une tablette d’argile néo-assyrienne mise au jour dans le nord de l’Irak. « Devrais-je invoquer Marduk [dieu majeur de la Mésopotamie, protecteur et maître des forces du cosmos] pour qu’il soit expulsé de sa cachette, en jaillissant telle une mangouste ? »
Un texte cunéiforme babylonien évoquait quant à lui une créature lassée des figues et des abricots formulant une demande pour le moins curieuse : « Placez-moi entre la dent et la gencive, afin que j’en ronge la chair et en suce le sang. »

… À la Renaissance
La nature microscopique des véritables causes de ces maux implique que cette idée ait essentiellement persisté jusqu’à la Renaissance, marquée par d’importantes percées techniques et scientifiques.
Si les médecins médiévaux commençaient déjà à interpréter les infections buccales et caries différemment, la croyance du ver dentaire restait alors largement répandue en Europe. Selon une étude publiée en 1999, les Anglais imaginaient qu’ils ressemblaient à de minuscules anguilles, et les Allemands à des lombrics rouges, bleus ou gris.
À l’époque, on supposait également qu’une exposition à l’air libre entraînait la mort de ces parasites. Une assertion probablement liée à l’apparence de la pulpe dentaire, pouvant rappeler celle d’un ver.
Pour aller plus loin, remontez aux origines du mythe de la Petite Souris.