Aller au contenu principal

Les métaux rares qu’on ne trouve plus sur Terre existent ailleurs, mais leur extraction pose un gros problème

Alors que les ressources terrestres s’épuisent inexorablement, les scientifiques tournent désormais les yeux vers le ciel. Et si les astéroïdes cachaient les métaux rares qui manquent cruellement à nos technologies ? Mais entre espoirs et défis, peut-on vraiment miser sur l’espace pour sauver nos appareils ?

Astéroïde rocheux dérivant dans l’espace, éclairé par le Soleil, symbolisant les ressources minérales extraterrestres
Un astéroïde rocheux dans l’espace, potentiel réservoir de métaux rares convoités par les industries technologiques terrestres – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Pourquoi notre dépendance aux métaux rares met en péril la transition technologique et énergétique

Les téléphones, les voitures électriques ou encore les panneaux solaires dépendent de matières premières devenues presque introuvables sur Terre. Derrière leur design épuré se cache une réalité brute : ces objets reposent sur des ressources de plus en plus rares, extraites à grands frais environnementaux et géopolitiques.

Des métaux comme le lithium, le cuivre ou les terres rares jouent un rôle crucial pour stocker l’énergie, la conduire ou fabriquer les aimants des moteurs électriques. Mais ces matériaux restent inégalement répartis, concentrés dans quelques pays. Ce déséquilibre accroît la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement face aux tensions internationales.

Avec la croissance de la demande et l’épuisement des gisements, les scientifiques appellent à diversifier les sources. L’espace pourrait représenter une solution. Des chercheurs étudient désormais les astéroïdes comme de potentielles réserves stratégiques, malgré les défis technologiques à relever.

Des petits astéroïdes carbonés, longtemps négligés, révèlent un potentiel inattendu pour nos besoins industriels

Pendant longtemps, les astéroïdes métalliques de type M, riches en fer et nickel, ont attiré toute l’attention. Aujourd’hui, une équipe espagnole se concentre sur les astéroïdes de type C, riches en carbone. Ces cailloux célestes remontent aux origines du système solaire.

Ils renferment peut-être des éléments métalliques précieux et des terres rares. Les chercheurs basent leurs travaux sur l’analyse de météorites tombées sur Terre. En laboratoire, ils examinent ces fragments en détail et découvrent une composition aussi fascinante que variée. Cependant, leur fragilité extrême rend leur étude complexe. Ces pierres s’effritent facilement, ce qui complique leur manipulation et limite les observations complètes de leur potentiel.

Les chondrites carbonées, véritables capsules temporelles, dévoilent une composition riche mais difficile à exploiter

Les chondrites carbonées, ces météorites noires et poreuses issues des astéroïdes de type C, constituent des archives précieuses du système solaire. Elles contiennent du fer, du nickel, du cobalt, ainsi que des minéraux hydratés. Ces indices prouvent qu’elles ont interagi avec de l’eau dans le passé.

Ces ressources, souvent dispersées et mélangées, posent un défi logistique. Une couche de régolithe — un amalgame de débris instables — recouvre parfois ces éléments, rendant leur accès encore plus difficile. Pour extraire ces matériaux, il faut mobiliser des technologies avancées. Celles-ci doivent fonctionner en microgravité et résister à des environnements instables et imprévisibles.

Vers une cartographie stratégique des astéroïdes les plus prometteurs pour l’extraction minière spatiale

L’équipe espagnole affine son travail en identifiant des astéroïdes aux signatures minérales distinctives. Par exemple, la présence d’olivine ou de spinelle suggère une structure interne homogène, plus adaptée à l’extraction. Lorsque l’objectif vise l’extraction d’eau, nécessaire à la fabrication de carburant spatial, les chercheurs recommandent les astéroïdes altérés par l’eau. Leur composition semble répondre aux exigences des futures missions.

Malgré ces avancées, l’exploitation industrielle reste un objectif lointain. Les missions actuelles n’ont permis de récolter que de minuscules échantillons. Mais chaque nouvelle découverte rapproche d’un futur où l’espace devient une extension des ressources terrestres.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

Source: GEO

Étiquettes: ,

Catégories: ,

Partager cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *