Et si la prochaine grande avancée spatiale ne venait ni de la NASA ni de SpaceX, mais… de Russie ? Un moteur plasma russe en phase de test promet de rallier Mars en à peine un mois. Une technologie qui pourrait bouleverser notre rapport à l’exploration spatiale.

Une propulsion électromagnétique qui pulvérise les vitesses des fusées actuelles
Le principe est simple en apparence, mais vertigineux dans ses implications : au lieu d’utiliser des combustibles chimiques classiques, ce moteur utilise des champs électromagnétiques pour propulser des particules d’hydrogène à des vitesses folles. En effet, on parle ici de 100 km par seconde, contre 4,5 km/s pour les moteurs actuels.
L’objectif ? Réduire drastiquement les durées de trajet dans l’espace profond. Ainsi, aller sur Mars ne prendrait plus six ou neuf mois, mais entre 30 et 60 jours. Moins de ravitaillement, moins de risques pour les astronautes, et une meilleure gestion des ressources.

Un moteur pour l’espace profond qui s’active uniquement une fois en orbite
Attention, ce moteur ne remplacera pas les fusées au lancement. En réalité, il s’active une fois en orbite, dans le vide spatial, pour maintenir une propulsion constante. Plutôt que de tout donner au départ, il pousse doucement mais longtemps, comme une voile solaire dopée aux particules.
Actuellement, le prototype est testé dans une chambre à vide de 14 mètres, simulant les conditions de l’espace. Il fonctionne en mode pulsé à 300 kilowatts, avec une durée de vie annoncée de 2 400 heures : ce qui est suffisant pour un aller-retour vers Mars.

Hydrogène et mini-réacteur nucléaire : une combinaison audacieuse mais prometteuse
Pour fonctionner, ce moteur a besoin de deux choses : de l’hydrogène comme carburant, très léger et abondant, et une source d’énergie puissante et continue. C’est ici qu’intervient un réacteur nucléaire miniature embarqué directement à bord du vaisseau.
L’intérêt de l’hydrogène ? Il est léger, abondant, et offre une excellente efficacité de propulsion. De plus, ce choix pourrait même permettre un ravitaillement futur dans l’espace, grâce à l’hydrogène présent dans certaines planètes ou astéroïdes.
Autre avantage : le système évite aussi les échauffements extrêmes classiques des moteurs plasma. Deux électrodes créent un champ magnétique qui dirige le plasma sans trop user les matériaux. Résultat : c’est durable, propre, et surtout, plus sûr pour les missions longues.

Une technologie encore au sol, mais qui pourrait redéfinir notre rapport au voyage spatial
Tout n’est pas encore gagné. Pour l’instant, ce moteur n’a jamais volé dans l’espace et reste au stade de prototype terrestre. Il faudra donc régler la question du blindage contre les radiations, de la gestion thermique, et surtout obtenir les autorisations pour le nucléaire en orbite.
Cependant, sur le papier, la Russie tient peut-être l’outil de propulsion spatiale du XXIe siècle. Et c’est un rappel que la course spatiale n’est pas figée : elle est vivante, surprenante, et pleine de rebondissements. D’ici 2030, ce moteur pourrait bien changer notre manière de voyager dans le système solaire.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
Source: IDR
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