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JO d’hiver : le secret le mieux gardé du curling repose sur ce volcan écossais vieux de 60 millions d’années

À première vue, une pierre de curling semble banale. Pourtant, sa trajectoire dépend d’une roche volcanique unique, extraite sur une île écossaise isolée. Cette singularité géologique, essentielle aux Jeux d’hiver, pose aujourd’hui une question stratégique pour l’avenir du sport.

Pierre de curling en granite sur la glace avec l’île volcanique d’Ailsa Craig en arrière-plan sous un ciel écossais nuageux.
Derrière chaque lancer de curling aux JO d’hiver se cache un secret géologique : un granite unique extrait de l’île volcanique d’Ailsa Craig, au large de l’Écosse. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Sur l’île d’Ailsa Craig, un granite volcanique vieux de 60 millions d’années façonne le curling moderne

Au large de l’Écosse, Ailsa Craig émerge dans le Firth of Clyde. Ce bloc volcanique s’est formé il y a 60 millions d’années. Un magma est remonté puis a cristallisé sous pression. Il a donné un granite volcanique unique, dense et remarquablement stable.

Dès le XIXᵉ siècle, les carriers exploitent deux variétés devenues mythiques. Le blue hone très fin assure une glisse régulière. Le common green offre davantage de robustesse. Ensemble, ils garantissent une stabilité rare et une résistance recherchée en compétition internationale.

Une ingénierie naturelle aux propriétés physiques quasi introuvables ailleurs dans le monde

Une pierre de curling ne se résume pas à un bloc poli. Elle combine plusieurs éléments fonctionnels. Sa bande de roulement, le running band, doit durer des décennies. Grâce à une faible porosité interne, l’eau ne pénètre presque pas dans la structure.

Les analyses minéralogiques confirment la présence de quartz. Toutefois, la roche contient très peu de microfractures. Cette structure homogène et dense limite l’usure. De plus, le grain extrêmement fin réduit les risques d’éclats sous l’effet du gel.

Pour la partie supérieure, les fabricants utilisent des granites plus hétérogènes. Ils absorbent mieux les impacts répétés. Cette combinaison crée une durabilité exceptionnelle en compétition. Ainsi, une pierre olympique peut rester en service plus d’un demi-siècle.

Une extraction limitée sur une île sanctuaire qui fragilise l’approvisionnement mondial

Ailsa Craig reste inhabitée et classée sanctuaire pour les oiseaux. L’extraction y demeure strictement encadrée. Les exploitants travaillent sans dynamitage. Cette extraction très encadrée réduit fortement les volumes disponibles et alimente les inquiétudes des fédérations sportives.

Les réserves exploitables ne sont pas infinies. Or, le curling dépend largement de cette source. Cette dépendance à une île pose donc un défi stratégique. Les instances doivent sécuriser l’avenir du matériel tout en protégeant l’environnement local.

Des recherches géologiques en cours pour trouver une alternative crédible au granite d’Ailsa Craig

Des tentatives passées ont échoué. Dans les années 1950, une anorthosite d’Ontario s’est ébréchée rapidement. Sa structure résistait mal à l’humidité. Elle ne supportait pas les contraintes mécaniques imposées par la glace et les chocs répétés.

Aujourd’hui, des chercheurs explorent d’autres contextes volcaniques. Ils ciblent notamment la Nouvelle-Écosse. Leur objectif consiste à identifier un équivalent géologique potentiel présentant une cristallisation comparable. Cependant, ces travaux restent préliminaires et demandent encore des validations techniques.

En attendant, le curling continue de reposer sur cette roche née du volcanisme ancien. Chaque lancer dépend d’un équilibre minéral précis. Finalement, derrière la précision humaine, vous retrouvez une histoire géologique vieille de 60 millions d’années.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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