
L’étude d’une minuscule espèce d’amibe californienne a révélé qu’elle pouvait se reproduire à des températures jusqu’alors jugées impossibles pour les formes de vie complexes.
Incendiamoeba cascadensis
S’il avait été montré que les organismes dépourvus de noyau cellulaire, appelés procaryotes et comprenant les bactéries et les archées, pouvaient supporter des températures allant jusqu’à 122 °C, « l’amibe de feu » (Incendiamoeba cascadensis) vient d’établir un record chez les eucaryotes, qui regroupent notamment les animaux, les végétaux et les champignons.
Les chercheurs ont prélevé plusieurs spécimens de ce minuscule organisme unicellulaire, mesurant environ 40 micromètres de long pour 10 de large, dans un ruisseau géothermique du parc national de Lassen, en Californie, dont la température varie entre 49 et 65 °C, et présentant un pH compris entre 6 et 7.
« Dans un environnement aussi chaud, l’amibe de feu se trouve au sommet de la chaîne alimentaire, se nourrissant de bactéries thermophiles, qui sont bien plus courantes et au moins dix fois plus petites », illustrent les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Cell.
Des expériences en laboratoire ont montré que I. cascadensis conservait sa capacité à se nourrir et à se reproduire jusqu’à 63 °C, soit une température sans précédent pour une forme de vie complexe. Au-delà de 64 °C, elle se repliait sur elle-même pour former ce que les chercheurs décrivent comme un kyste, qui lui permettait de survivre dans des eaux chauffées jusqu’à 70 °C.

Pas une limite absolue pour les eucaryotes
En examinant les bases de données mondiales d’ADN environnemental, l’équipe a identifié une signature similaire à celle d’I. cascadensis, et plusieurs séquences d’ARN très proches associées à des tapis géothermiques de Yellowstone et d’une région volcanique néo-zélandaise.
D’après Angela Oliverio, de l’université de Syracuse, il pourrait s’agir d’espèces extrémophiles étroitement apparentées à l’amibe californienne, potentiellement capables de se reproduire à des températures plus élevées. « Rien n’indique que 63 °C soit la limite absolue », conclut-elle.
Précédemment, des chercheurs avaient décrit une amibe capable de survivre au chlore, à la chaleur et aux réseaux d’eau modernes.
Par Yann Contegat, le
Source: New Scientist
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