Des images satellites révèlent aujourd’hui ce que les chercheurs soupçonnaient depuis vingt ans : Mars a abrité un océan. Grâce à une cartographie inédite, une équipe internationale vient de confirmer la présence d’un immense réseau fluvial. Une découverte majeure qui rebat les cartes de l’histoire climatique martienne.

Des reliefs martiens sculptés par l’eau : les traces d’un réseau fluvial repéré autour de l’équateur
Imaginez une vallée aussi vaste que le Grand Canyon. Sur Mars, Valles Marineris présente des formations similaires. Les données d’orbite montrent clairement que cette région porte l’empreinte d’une activité hydrologique ancienne et intense.
Des deltas fossilisés apparaissent dans plusieurs zones analysées. Ils indiquent que des rivières ont convergé vers une mer aujourd’hui disparue. Des sédiments accumulés sur les berges en confirment la présence. L’érosion visible sur place trahit aussi la puissance des courants d’autrefois.
Une cartographie haute définition obtenue grâce à une coopération spatiale internationale inédite
Cette avancée repose sur un travail de longue haleine entre plusieurs agences spatiales. Les instruments de la sonde Trace Gas Orbiter, de l’ESA, ont fourni des relevés d’une précision inégalée. Ils permettent de détecter des structures jusqu’ici invisibles.
Mars Express a complété ce travail en croisant les observations. Les chercheurs ont ainsi pu modéliser l’ancien niveau de la mer. Ce croisement de données offre une base solide, bien plus fiable que les hypothèses précédentes. Il renforce la cohérence des résultats obtenus.
Selon l’étude publiée dans NPJ Space Exploration, Mars abritait bel et bien un cycle complet de l’eau. Ce constat bouleverse notre compréhension de son climat passé. Il permet aussi d’expliquer la disparition progressive de son atmosphère.
Une mer aussi vaste que l’Arctique : les scientifiques délimitent un ancien océan dans l’hémisphère nord
L’étendue d’eau martienne couvrait une superficie comparable à celle de l’océan Arctique. Pour une planète de la taille de Mars, c’est tout simplement gigantesque. Ce constat impose de revoir les modèles climatiques construits jusqu’ici.
Fritz Schlunegger, de l’Université de Berne, souligne l’impact de ces images haute définition. Elles confirment l’existence d’un océan profond et large. Les lignes de rivage apparaissent nettement grâce à la topographie affinée. Chaque donnée affine un peu plus notre perception.
Les sédiments repérés racontent un environnement en perpétuel mouvement. Des canaux d’écoulement rejoignent la mer fossile depuis les hauteurs. Ce scénario suppose un climat capable de produire pluies et évaporation.
La prochaine étape : percer le mystère de la vie martienne grâce aux futures missions au sol
Cette abondance d’eau renforce l’idée que Mars aurait pu héberger la vie. Mais aucun indice biologique n’a été détecté à ce jour. Il manque encore des analyses chimiques directes sur les terrains les plus prometteurs.
Les espoirs reposent désormais sur des missions comme celle du rover Rosalind Franklin. Ce robot européen a pour but de forer en profondeur afin d’analyser les couches anciennes. Perseverance, de son côté, continue de collecter des échantillons martiens.
Ces prélèvements sont essentiels pour valider les hypothèses actuelles. Leur retour sur Terre permettra des analyses poussées en laboratoire. Toute la communauté scientifique attend ces résultats avec une grande impatience.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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