Le remplaçant du Charles-de-Gaulle s’annonce comme une révolution navale. D’une longueur inédite à des capacités de détection avancées, le PA-NG ne se contente pas d’être un nouveau navire : il incarne une vision stratégique, une vitrine industrielle et un concentré de haute technologie militaire, au service de la puissance française.

Un géant des mers qui redéfinit les standards européens des porte-avions
310 mètres de long, 85 mètres de large, près de 2000 personnes à bord et plus de 40 appareils embarqués. On ne parle pas ici d’un simple réajustement du Charles-de-Gaulle, mais d’un saut de géant. Le PA-NG ne sera pas seulement plus grand : il redéfinira les standards européens en matière de porte-avions.
Ce mastodonte pourra emporter une trentaine de Rafale M, des drones de nouvelle génération, des hélicoptères, mais aussi deux E-2D Hawkeye, véritables yeux volants de la marine. Son pont d’envol de 17 200 m2 et son hangar de 4500 m2 offriront une souplesse opérationnelle inédite. Bref, on entre dans une autre dimension.
Des innovations de rupture pour renforcer les capacités de frappe et de défense
Si le PA-NG fera date, c’est aussi pour ce qu’il embarque sous sa coque. Son système de catapultes électromagnétiques EMALS, identique à celui des porte-avions américains les plus modernes, permettra un rythme de lancement d’appareils quasiment doublé par rapport à aujourd’hui.
Ajoutez à cela des missiles Aster à lancement vertical, de l’équipement d’autodéfense comme de l’artillerie télé-opérée, et surtout un radar Sea Fire ultra-sophistiqué, capable de suivre jusqu’à 1000 cibles simultanément. Oui, mille. C’est plus que ce que peut repérer une bonne partie des flottes européennes à elles seules !
Mais ce concentré de technologie ne se limite pas à la défense : il transforme la doctrine même de projection de puissance. Grâce à sa connectivité renforcée, le PA-NG pourra s’intégrer dans des opérations interarmées et interalliées avec une réactivité jamais vue. Une véritable plateforme de commandement mobile pour les conflits du XXIe siècle.
Un chantier stratégique qui mobilise PME, savoir-faire industriels et filière nucléaire
Derrière l’acier et les chiffres, il y a surtout des femmes et des hommes. Le PA-NG, c’est 800 fournisseurs mobilisés, dont 80 % de PME françaises. On parle d’emplois directs, mais aussi de compétences qui se transmettent, de savoir-faire industriels relancés.
La chaufferie nucléaire K22, cœur du système de propulsion, est déjà en commande depuis avril 2024. Le chantier est lancé à Cherbourg, et les premières découpes de tôles débuteront à Saint-Nazaire en 2031. La mise en service est attendue en 2038. D’ici là, la filière navale française aura changé de visage.
Un investissement massif assumé pour maintenir le rang stratégique de la France
C’est sans doute le chiffre qui fait tiquer : entre 5 et 10 milliards d’euros, selon les estimations. Mais replacé dans les 413 milliards prévus pour la Défense entre 2024 et 2030, le PA-NG n’est pas une lubie, mais un investissement. Celui d’une France qui veut maintenir son rang parmi les grandes puissances navales.
Avec cette nouvelle plateforme, la France se dote d’un outil à la fois disuasif, réactif et symbolique. Car le PA-NG n’est pas juste un bateau. C’est un message flottant, visible depuis les mers du globe : la France est là, et elle entend bien y rester. Une silhouette massive qui incarne, à elle seule, la permanence de la souveraineté française sur les mers.
Par Gabrielle Andriamanjatoson, le
Étiquettes: porte avion, infrastructure militaire
Catégories: Monde, Actualités
La permanence de la souveraineté française sur les mers ne peut être assurée par un seul porte-avions, même très puissant : les périodes d’entretien imposent deux unités.
Il ne faut pas en outre raisonner purement français, mais européen : le souhait italien de mettre à niveau son porte-avions (ancien!) doit être soutenu par Paris, en tenant Rome informé des développements en cours; par ailleurs l’Italie n’a pas la forme de radoub suffisamment grande pour construire une telle unité : Saint Nazaire sera requis.
L’Espagne a la même préoccupation. Et pourquoi pas l’Allemagne, une fois éliminé son souhait de suprématie sur la Défense Européenne?
Enfin, seul le SCAF de Dassault est prévu en version embarquable pour équiper un PA, ce SCAF devra donc être proposé aux nations dotées d’un PA moderne
L’europe toute puissante et richissime va-t-elle participer au financement de ce projet qui la protégera ?
Oui, le PANG sera la réaffirmation de la puissance navale française, mais pas uniquement : il sera aussi témoin de la puissance navale européenne, la lente montée en puissance de l’intégration des Forces Armées au sein de l’Union se traduit aussi par la construction de cet outil.
L’Italie – qui connait bien entendu le projet français – a exprimé son souhait de se doter elle aussi d’un porte-avions de fort tonnage ; quant à l’Espagne, elle limite son choix à un PA de tonnage moyen, analogue au ‘Charles de Gaulle’, mais sa prise de position traduit aussi sa crainte d’évoluer vers la propulsion nucléaire, inconnue pour elle.
Le SCAF fait partie intégralement du concept français du PANG, et ceci explique les réticences allemandes : suivre la France serait lui donner une position dominante sur la Défense Européenne, ce qui est pour l’heure inacceptable pour l’Allemagne, qui a bien du mal à modifier son allégence aux USA.
je ne pourrais voir ce porte avion terminé mais je suis heureux que ces décisions soi prises