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Il y a 100 000 ans, ce groupe d’humains a quitté l’Afrique puis s’est mystérieusement évanoui

« L’expansion géographique réussie de notre espèce a été précédée d’échecs répétés »

— BeCREATIVE00 / Shutterstock.com

Toutes les populations non africaines actuelles sont liées aux vagues migratoires intervenues il y a entre 70 000 et 50 000 ans. S’il est aujourd’hui établi que des humains modernes ont quitté l’Afrique plus tôt, leur héritage génétique ne semble toutefois pas avoir perduré.

Des outils révélateurs

En examinant quatre sites préhistoriques de Dhofar, à Oman, les auteurs d’une nouvelle étude, pré-publiée sur le serveur Research Square, ont découvert que cette partie de la péninsule arabique abritait des groupes d’Homo sapiens il y a entre 109 000 et 95 000 ans. Parmi les témoignages de leur présence passée : des outils essentiellement associés à la technologie nubienne Levallois, apparue pour la première fois dans la vallée du Nil il y a environ 150 000 ans.

Étant donné que le détroit de Bab al-Mandab, qui relie l’Afrique à l’Arabie, a vu sa largeur passer de 30 kilomètres à seulement cinq il y a environ 115 000 ans lorsque le niveau de la mer a baissé, les chercheurs supposent que ces communautés pionnières auraient été en mesure de le traverser.

Sur la base de précédentes analyses géologiques et sédimentaires, à leur arrivée, nos ancêtres auraient découvert des paysages herbeux et parsemés de lacs, fournissant les ressources nécessaires à leur subsistance. Étrangement, les outils Levallois nubiens disparaissent des archives archéologiques il y a environ 93 000 ans. Représentant l’industrie Mudayyan, leurs plus proches successeurs indiquent une rupture technologique claire, impliquant que les fabricants des premiers se soient éteints.

Les données paléoclimatiques suggèrent que leur disparition a coïncidé avec une période d’aridification drastique et d’effondrement écologique. D’après les chercheurs, les sources jusqu’alors alimentées par les eaux souterraines se sont taries, conduisant à l’assèchement de nombreux bassins. « L’expansion géographique réussie de notre espèce a été précédée d’échecs répétés », écrivent-ils. « Les premières percées humaines hors d’Afrique étaient étroitement liées au climat et démographiquement réduites. »

afrique
— titoOnz / Shutterstock.com

Deux groupes distincts

L’équipe note que les artefacts Levallois nubiens trouvés en Méditerranée orientale ont un âge similiaire à ceux d’Oman, suggérant que deux groupes humains apparentés ont pu quitter l’Afrique à peu près à la même époque.

Celui s’étant dirigé vers l’Arabie a apparemment disparu avant de croiser la route de Néandertaliens ou d’autres espèces d’hominidés évoluant alors en Eurasie. Si la situation a probablement été différente pour l’autre, aucune trace de son héritage génétique ne semble persister chez les populations actuelles.

« Ces découvertes viennent s’ajouter à un ensemble croissant de preuves génomiques indiquant que la colonisation réussie de l’Eurasie s’est produite il y a moins de 80 000 ans », concluent les chercheurs.

Précédemment, une étude avait révélé les « passages secrets » de l’humanité hors d’Afrique.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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