Gui
— Natalia Golubnycha / Shutterstock.com

Lorsque l’on évoque le gui, la pensée d’un baiser partagé sous cette plante le jour de l’An nous vient forcément en tête. Mais la nature beaucoup moins glamour du gui reste encore méconnue du grand public.

Au fil des années, le gui a glané une réputation assez romantique, avec notamment la tradition voulant que deux amoureux partagent un baiser sous ce parasite. En effet, aussi installé soit-il dans nos coutumes du jour de l’An, le gui n’en reste pas moins un hémiparasite. Dépourvu de racines, il s’accroche à un arbre hôte et vit en se nourrissant de la sève de ce dernier.

Si le gui peut être dur à contrôler c’est en raison de la manière assez particulière dont il est disséminé. Pollinisé par les insectes, le gui est ensuite dispersé par certains oiseaux de la famille des turdidés. Particulièrement friands des fruits du gui (qui sont en revanche toxiques pour l’Homme), ces volatiles n’en digèrent pourtant pas les graines et les relâchent dans leurs fientes. Celles-ci peuvent alors tomber sur un arbre et laisser apparaître deux excroissances vertes qui, au contact du rameau, développeront un cône de fixation. Après quelques semaines, l’hypocotyle se transforme en un suçoir qui pénètre l’écorce et aspire la sève brute de l’arbre. En hiver apparaîtront alors de nouveaux fruits.

Si le cet hémiparasite n’attaque pas l’arbre au niveau cellulaire, il peut en revanche nuire à la qualité du bois. Dans certains cas, il peut même finir par tuer son hôte. C’est d’ailleurs pour cela que sa surabondance est redoutée par les arboriculteurs et qu’il peut aussi être la cible d’une destruction obligatoire afin d’empêcher sa prolifération.

Quoi qu’il en soit, le gui, au fil des siècles, a su faire oublier sa nature de parasite pour devenir un ingrédient indispensable d’un jour de l’An réussi avec les êtres qui nous sont chers.

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