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La « Grande Muraille Verte » chinoise transforme le plus grand désert du pays en puits net de carbone

Un nouvel allié dans la lutte contre le changement climatique

— © Le Yu / Tsinghua University

Vaste projet écologique lancé il y a plusieurs décennies, la « Grande Muraille verte » de la Chine vise à enrayer la progression du désert dans le nord-ouest du pays. De nouvelles recherches montrent que l’approche produit déjà des effets mesurables.

Des effets clairs

Situé dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, le Taklamakan est l’un des environnements les plus arides de la planète ainsi que le plus grand désert du pays. Depuis 1978, la Chine mène une campagne de reboisement sans précédent le long de sa bordure sud, afin de l’empêcher d’engloutir les terres agricoles environnantes et de bloquer les tempêtes de sable, dont certaines sont si violentes qu’elles atteignent Pékin.

En 2024, le gouvernement chinois avait annoncé l’achèvement d’une ceinture verte de 3 046 kilomètres au pied du Taklamakan. Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, des chercheurs de l’université de Californie ont analysé un ensemble de données satellite afin de quantifier son impact sur l’écosystème local et le cycle du carbone.

King-Fai Li et ses collègues se sont basés sur l’évolution des niveaux de CO2 atmosphérique et de fluorescence induite par le Soleil, indicateur fiable de l’activité photosynthétique et de la croissance végétale. Il s’est avéré qu’entre 2004 et 2017, les sables du Taklamakan (dont l’expansion et la contraction contribuent également aux échanges de ce gaz à effet de serre) et sa « barrière naturelle » avaient absorbé 8,3 millions de tonnes de CO2 tout en n’en rejetant que 6,7 millions, en faisant techniquement un puits de carbone.

Le développement du couvert végétal aurait également bénéficié à la faune locale, avec des populations d’animaux essentielles en progression au cours des dernières décennies.

Les pointillés noirs délimitent le désert du Taklamakan, et les zones rouges indiquent l’augmentation annuelle du couvert végétal depuis le début du projet de reboisement — © King-Fai Li / UCR

Une pièce du puzzle

Selon Li, ces travaux constituent une démonstration claire qu’un programme de reverdissement peut contribuer à la séquestration mondiale du carbone, même dans l’un des paysages les plus arides au monde. Toutefois, ces projets de reboisement massifs ne suffiront pas à eux seuls à endiguer le changement climatique.

« Le monde devra adopter une approche multidimensionnelle, centrée sur l’élimination progressive des combustibles fossiles », rappelle le chercheur. « Nous ne résoudrons pas la crise climatique en plantant des arbres dans les déserts. Mais il est essentiel de comprendre où et dans quelle mesure le CO2 peut être capté. C’est l’une des pièces du puzzle. »

Initiée en 2007 par l’Union africaine, la Grande Muraille verte du Sahara vise à restaurer les terres dégradées et à freiner la désertification.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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