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Derrière la célèbre « plage de verre » de Californie, un cauchemar écologique

Son existence n’est pas le résultat d’une improbable activité géologique, mais de décennies d’activité humaine

— © Images by John ‘K’ / Flickr

Nichée le long de la côte déchiquetée de Mendocino, dans le nord de l’État, la « plage de verre de Californie » n’est pas faite de sable fin mais, comme son nom l’indique, de milliards de fragments de ce matériau.

Glass Beach

Mendocino se situe près du point de jonction de trois plaques tectoniques (Pacifique, nord-américaine et Gorda, parfois associée à Juan de Fuca). Cette activité géologique continue a lentement sculpté le littoral, qui regorge de falaises escarpées et de criques.

« Glass Beach » se compose techniquement de trois plages. Considérée comme la plus visuellement spectaculaire, la troisième fait partie du parc naturel de MacKerricher et est la seule ouverte au public. Il s’avère que son existence est le résultat de décennies d’activité humaine.

Durant une bonne partie du XXe siècle, les habitants de Fort Bragg ont utilisé le littoral comme décharge, se débarrassant aussi bien de récipients en verre que de vaisselle, d’appareils ménagers ou de voitures. Ce n’est qu’en 1967 que les autorités locales ont interdit cette pratique et entrepris de retirer les déchets métalliques les plus encombrants. Au fil des décennies, le déferlement constant des vagues du Pacifique a poli les tessons de verre et de céramique, créant essentiellement des perles de toutes formes et tailles.

Les teintes ambrées et vertes sont associées à de vieilles bouteilles de bière et de soda, les fragments blancs et transparents à des vitres et des bocaux, et les morceaux tirant sur le mauve à des verres contenant du manganèse exposés durablement aux rayons UV du soleil californien. Plus rares, les fragments bleu cobalt proviennent de récipients qui contenaient à l’origine du « lait de magnésie », utilisé comme laxatif et anti-acide, ainsi que certains cosmétiques ou pommades.

Des interdictions souvent bravées par les touristes

S’il est aujourd’hui interdit de prélever un « échantillon » de Glass Beach, la plupart des touristes ne quittent pas les lieux sans quelques souvenirs.

En conséquence, la plage est aujourd’hui bien moins colorée qu’elle ne pouvait l’être il y a seulement une vingtaine d’années. Pour lui redonner son lustre d’antan, un réapprovisionnement artificiel en perles de verre est régulièrement évoqué.

Au cas où vous l’ignoriez, il existe des plages de sable rouge, rose et vert.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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