
Des expériences impliquant les représentantes d’une espèce de fourmi parasite japonaise ont confirmé qu’il s’agissait exclusivement de reines, se reproduisant via parthénogenèse.
Temnothorax kinomurai
En règle générale, les colonies de fourmis se composent d’une reine, d’ouvrières et de mâles à l’espérance de vie très courte, qui meurent peu de temps après l’accouplement. Si, depuis plusieurs décennies, on suspectait que l’espèce Temnothorax kinomurai ne produisait que des reines, jusqu’à présent, les chercheurs ne disposaient pas de preuves définitives.
Ces insectes s’emparent des nids de l’espèce proche Temnothorax makora, tuant la reine hôte et certaines ouvrières en les piquant. Elles se reproduisent ensuite de manière asexuée via un phénomène connu sous le nom de parthénogenèse, qui engendre essentiellement des clones. Les ouvrières T. makora veillent ensuite sur les larves jusqu’à ce qu’elles éclosent.
Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Current Biology, Jürgen Heinze, de l’université de Ratisbonne, et ses collègues ont collecté six groupes de T. kinomurai, utilisées pour former des colonies en laboratoire. Un examen minutieux a permis de confirmer l’absence totale de mâles, et que la progéniture qu’elles engendraient était exclusivement constituée de reines.
A parasitic species of ant from Japan is the first ever found to have done away with both males and female workers – instead every individual is a queen that tries to take over the nests of other species. https://t.co/bE1HLx9wXw
— New Scientist (@newscientist) February 28, 2026
Sur les 43 spécimens ayant eu l’occasion de prendre le contrôle de colonies de T. makora, sept ont réussi leur « coup d’État », donnant naissance à 57 descendantes leur étant génétiquement identiques.
Une stratégie risquée mais payante
Comme l’explique Heinze, l’invasion de colonies d’autres espèces est une stratégie risquée. Mais elle se révèle bien souvent payante dans le cas de T. kinomurai.
« Lorsque la parthénogenèse évolue à la suite d’une mutation aléatoire, comme chez T. kinomurai, les reines peuvent produire jusqu’à 100 clones, sans avoir besoin de s’accoupler », résume-t-il. « Les chances de perpétuer l’espèce sont alors bien plus élevées que chez les espèces se reproduisant sexuellement. »
Selon le chercheur, les comportements documentés constituent la forme la plus avancée de parasitisme social documentée chez les fourmis, soulignant la flexibilité remarquable de ces insectes fascinants.
Précédemment, des scientifiques avaient documenté une autres stratégie fascinante chez une espèce parasite, avec des émissions des composés chimiques poussant les ouvrières d’une colonie à tuer leur reine.