
En explorant une grotte de l’île du Nord, des paléontologues néo-zélandais ont obtenu un aperçu saisissant d’un écosystème depuis longtemps disparu, très largement antérieur à l’arrivée des humains dans cette partie du globe.
Monde perdu
Cette capsule temporelle remarquable a été découverte lors de récentes fouilles de la grotte Moa Eggshell. Si les premières campagnes, menées dans les années 1960, avaient livré une poignée de fossiles, il s’est avéré que les scientifiques n’avaient fait qu’effleurer la surface de ce trésor paléontologique. Au total, l’équipe a identifié les restes de douze espèces d’oiseaux et de quatre espèces de batraciens préhistoriques.
Parmi elles : un ancêtre du Takahē moderne, oiseau emblématique de Nouvelle-Zélande, un colombidé éteint, proche des pigeons australiens à ailes de bronze, et le perroquet Strigops insulaborealis. Lointain parent du kākāpō, il possédait de frèles pattes suggèrant qu’il était, contrairement à ce dernier, capable de voler.
Les datations de couches de cendres volcaniques renfermant ces différentes créatures a permis d’établir qu’elles prospéraient dans la région il y a entre 1,55 et 1 million d’année. Selon les auteurs de la nouvelle étude, publiée dans la revue Alcheringa, il s’agit de la première faune vertébrée du Pléistocène inférieur jamais recensée dans une grotte néo-zélandaise, comblant un fossé majeur dans les archives fossiles.

Une perte de biodiversité liée à de profonds bouleversements environnementaux
Cette diversité insoupçonnée illustre également l’impact profond du changement climatique sur la faune locale.
Associés à ceux provenant d’autres sites du pays, ces nouveaux témoignages préhistoriques indiquent qu’entre 33 et 50 % des espèces décrites ont disparu au cours du million d’années précédent l’arrivée d’Homo sapiens en Nouvelle-Zélande. En cause : de puissantes éruptions volcaniques, et des bouleversements environnementaux étroitement liés à l’intensification des cycles glaciaires et interglaciaires.
« Pendant des décennies, l’extinction des oiseaux néo-zélandais a été largement imputée à l’arrivée des humains, il y a 750 ans environ », note Trevor Worthy, de l’université Flinders. « Nos travaux démontrent que des phénomènes géologiques et climatiques façonnaient déjà largement la biodiversité de ces îles il y a plus d’un million d’années. »
Précédemment, les fouilles d’une grotte norvégienne avaient livré une autre capsule temporelle écologique fascinante : les restes de dizaines d’animaux de l’ère glaciaire.
Par Yann Contegat, le
Source: IFL Science
Étiquettes: changement climatique, fossile, capsule temporelle
Catégories: Actualités, Histoire