Nous entrons dans la 6ème extinction de masse… mais que s’est-il passé lors des 5 précédentes ?

Nous entrons dans la 6ème extinction de masse… mais que s’est-il passé lors des 5 précédentes ?

Généralement, les scientifiques parlent d’extinction de masse lorsqu’au moins 75 % des espèces animales et végétales présentes sur la terre et dans les océans disparaissent sur une échelle de temps assez restreinte en termes géologiques. Alors que nous amorçons la sixième, voici comment se sont déroulées les cinq premières extinctions de masse.

L’extinction de L’Ordovicien-Silurien (-445 millions d’années)

Une fossile de trilobite

Survenue il y a 445 millions d’années, l’extinction de l’Ordovicien a réduit à néant 70 % de la vie des océans et est considérée comme la seconde extinction de masse la plus importante que la Terre ait connue. A cette époque, le niveau de la mer est extrêmement élevé et aucun organisme ne survit sur terre, en raison d’un niveau d’oxygène extrêmement faible. Depuis 100 millions d’années, le trilobite (anthropode marin) domine le fond des océans. On retrouve aussi des orthocères, des euryptérides et des nautiloïdes (tous trois s’apparentant à des mollusques géants) ainsi que des poissons minuscules dotés d’une colonne vertébrale, les astrapis.

Cette première extinction de masse particulièrement brutale serait due à l’explosion d’une étoile (ou supernova) située à plusieurs années lumière de la Terre. Durant ce processus, elle libère une quantité considérable de rayons gamma qui frappent la Terre de plein fouet et brûlent le plancton, aliment de base de la majorité des espèces peuplant les océans. En résulte ensuite une atmosphère gazeuse composée de dioxyde d’azote qui bloque les rayons du soleil et entraine une forte chute des températures. Seules 30 % des espèces animales parviennent à survivre à ce terrible cataclysme.

L’extinction du Dévonien (-385 millions d’années)

Les scientifiques estiment que l’extinction du Dévonien est survenue il y a 385 millions d’années environ. A cette époque, la Terre se résume à un vaste océan duquel émerge un continent au pôle sud, et des centaines d’îles au niveau de l’Équateur. Sur terre, le climat est chaud et humide et la végétation luxuriante, conditions propices à la prolifération des insectes. Dans les océans, les espèces marines sont elles aussi extrêmement nombreuses. Coraux, éponges, mollusques, anthropodes et poissons profitent en effet des eaux chaudes et se multiplient.

L’extinction de l’Ordovicien s’est étalée sur environ 3 millions d’années. En cause : un terrible réchauffement climatique provoqué par des impacts de météorites et d’importantes explosions volcaniques. Des milliers de tonnes de roches en fusion se déversent dans les océans, le souffre expulsé par les éruptions successives empoisonne l’atmosphère, et l’air chargé de cendres bloque les rayons du soleil et entraine un hiver volcanique. La Terre est dévastée, et 75 % des espèces animales disparaissent. La vie perdure uniquement grâce aux arbres, qui continuent à produire de l’oxygène.

L’extinction du Permien-Trias (-252 millions d’années)

Illustration représentant un Dimetrodon Gigas et un Eryops Megacephalus

L’extinction du Permien est considérée par les spécialistes comme la plus grave extinction de masse jamais survenue. Elle a en effet causé la disparition de 95 % des espèces marines et de 70 % des espèces terrestres il y a 252 millions d’années. Par conséquent, retrouver un niveau de bio-diversification équivalent à celui ayant précédé la catastrophe a pris beaucoup plus de temps que pour les autres extinctions massives. Le Permien a aussi été le théâtre d’un évènement unique : la formation de la Pangée.

A l’heure actuelle, de nombreuses théories continuent de s’affronter au sujet de son déroulement et de ses causes. L’étude la plus documentée estime qu’une chaleur extrême aurait sévi sur Terre durant 5 millions d’années, avec des températures terrestres avoisinant les 60 °C et des températures sous-marines approchant les 40 °C au niveau de l’Équateur, empêchant la vie de s’épanouir à nouveau. Les causes les plus probables se résument à l’éruption d’un supervolcan en Sibérie ayant entrainé une forte acidification marine, et à la tectonique des plaques, responsable de la disparition de nombreux écosystèmes.

L’extinction du Trias-Jurassique (-200 millions d’années)

Survenue à la fin du Trias il y a près de 200 millions d’année, l’extinction du Trias-Jurassique est intervenue au moment où la Pangée s’est fracturée. Près de 20 % des espèces marines et une part importante des grands vertébrés terrestres ont disparu, et la diversité biologique a été fortement impactée par cette catastrophe. Cette quatrième extinction de masse a notamment permis l’émergence et la domination des dinosaures durant près de 150 millions d’années sur notre planète.

Cette extinction de masse serait en réalité due à la conjugaison de plusieurs évènements, mais comme pour la précédente, il s’agit d’un sujet encore largement controversé. Parmi les causes les plus probables, les scientifiques évoquent des fluctuations du niveau de la mer, un ou plusieurs impacts d’astéroïdes, et plusieurs épisodes volcaniques majeurs (avec l’ouverture de la province magmatique centre-atlantique) ayant entrainé un réchauffement climatique global.

L’extinction du Crétacé-Tertiaire (-65 millions d’années)

Cette cinquième extinction de masse survenue il y a 65 millions d’années est probablement la plus connue. Durant celle-ci, les experts estiment qu’environ 70% des espèces ont disparu, parmi lesquelles les incontournables dinosaures (appartenant aux grands sauriens). Si la quasi-totalité du plancton marin, maillon clé de la chaîne alimentaire aquatique, a également disparu, les insectes et les petits mammifères s’en sont globalement bien sortis. Cependant, aucun animal ne dépassant les 25 kilos, à l’exception des crocodiliens, n’a survécu à ce cataclysme.

Parmi les causes les plus probables de l’extinction du Crétacé-Tertiaire, deux théories s’affrontent. Une partie de la communauté scientifique estime que la chute d’une gigantesque météorite dans l’océan aurait causé un choc d’une puissance inouïe (équivalente à 5 milliards de bombes atomiques), générant des vagues hautes de plusieurs centaines de mètres et soulevant assez de poussière pour bloquer les rayons du soleil et plonger notre planète dans l’obscurité pendant une dizaine d’années. Tandis que l’autre assure qu’une série d’éruptions volcaniques durant plus d’un million d’années serait à l’origine d’un refroidissement global de l’atmosphère et de pluies acides.

Si ces cinq extinctions de masse nous prouvent que la vie est toujours parvenue à perdurer malgré les cataclysmes et les importants changements climatiques qu’ils induisaient, la sixième, causée cette fois par l’Homme, pourrait bien s’avérer plus grave que prévu, en décimant les espèces et en nous privant de nourriture.

Accompagnez-nous sur les réseaux sociaux