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De l’alcool au lactose, comment 10 000 ans d’évolution ont façonné l’Humanité

Les schémas évolutifs se révèlent étroitement similaires d’un continent à l’autre

— © Mary Harrsch / Wikimedia Commons

Le séquençage génétique des restes de populations néolithiques vivant sur différents continents a révélé des schémas évolutifs similaires en dépit de conditions climatiques bien différentes, appuyant l’idée de pressions sélectives liées au développement de l’agriculture.

Une « adaptation parallèle ou partagée à grande échelle »

Pour retracer 10 000 ans d’évolution génétique chez Homo sapiens, les chercheurs ont examiné l’ADN de plus de 7 000 individus issus de populations anciennes et modernes d’Europe, d’Asie, d’Afrique et d’Amérique. Prépubliés sur le serveur bioRxiv, ces travaux révèlent une trentaine de « sites génomiques » communs à celles-ci.

Globalement, de telles découvertes suggèrent une « adaptation parallèle ou partagée à grande échelle », en réponse à des défis environnementaux, sociaux ou culturels semblables. Les signaux de sélection les plus forts se sont révélés liés à la consommation de produits agricoles, avec des mutations augmentant notamment la tolérance au lactose et permettant de boire du lait au-delà de la petite enfance.

Il s’est également avéré que les variations du gène FADS1 avaient amélioré notre capacité à fixer les nutriments présents dans les céréales, et celles d’ADH1B à métaboliser l’alcool.

Il y a quelques années, des recherches avaient montré que les populations modernes d’Asie de l’Est présentaient une variante de FADS1 limitant leur tolérance à l’alcool. Selon les auteurs de la nouvelle étude, la mise en évidence d’une trajectoire évolutive similaire, mais moins marquée, chez les Européens, suggère que nos ancêtres néolithiques « tenaient » potentiellement mieux l’alcool que les populations actuelles.

— vitstudio / Shutterstock.com

Indices morphologiques

En retraçant l’évolution du rapport taille-hanches chez les femmes, dont l’augmentation est associée à une fertilité accrue, les scientifiques ont découvert que, contrairement à ce qu’ils supposaient, celui-ci était resté remarquablement stable.

Si l’équipe n’a pas été en mesure d’établir sa nature, elle estime que cette limitation implique un « avantage compensatoire ». « Le fait que cette tendance soit commune à tous les continents indique forcément un bénéfice sur le plan anatomique ou physiologique », concluent les scientifiques.

Plus tôt cette année, une étude avait exploré l’influence des blessures causées par le feu sur l’évolution humaine, avec des découvertes renforçant l’idée que la sélection naturelle ait favorisé les mécanismes physiologiques améliorant la survie en cas de brûlures superficielles et fréquentes.

Par Yann Contegat, le

Source: IFL Science

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