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En 2025, la science prouve que les parasites intestinaux à Vindolanda frappaient les familles romaines

Une étude publiée en décembre 2025 dans la revue Parasitology bouleverse notre vision du quotidien romain. Des chercheurs de Cambridge révèlent une contamination parasitaire généralisée au fort de Vindolanda. Malgré des infrastructures avancées, les soldats subissaient des infections chroniques par des vers intestinaux.

Famille en vêtements antiques marchant pieds nus dans une ruelle pavée et boueuse, entre maisons en bois et murs de pierre, dans un décor rappelant un fort romain.
Entre boue, ruelles pavées et maisons en bois, le quotidien des familles à l’époque romaine était marqué par la rudesse des conditions de vie. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Des chercheurs de Cambridge analysent les sédiments des latrines pour étudier l’hygiène des Romains

Les archéologues ont analysé cinquante-huit échantillons de sédiments prélevés dans le drain principal des latrines. Cette structure du troisième siècle se situe près d’un complexe thermal alimenté par un aqueduc. Ces vestiges organiques offrent une conservation exceptionnelle pour étudier la santé des populations antiques.

Grâce à des tests immunologiques avancés, l’équipe de Marissa L. Ledger a identifié des traces biologiques millénaires. Les résultats montrent une présence massive d’œufs de vers intestinaux. Ce constat souligne un contraste saisissant entre la sophistication des bâtiments et la réalité sanitaire des occupants.

Giardia duodenalis identifié pour la première fois en Grande-Bretagne romaine grâce au test ELISA.

L’identification de Giardia duodenalis constitue la découverte la plus marquante de ces recherches récentes. Ce protozoaire unicellulaire provoque des diarrhées chroniques et des troubles de l’absorption intestinale sévères. Selon les conclusions, il s’agit de la première détection archéologique confirmée de ce pathogène.

Les scientifiques ont utilisé le test ELISA pour repérer des protéines spécifiques après dix-huit siècles d’enfouissement. La présence de ce parasite indique une contamination fécale de l’eau de boisson. Les sources naturelles ou les réservoirs de stockage du fort étaient régulièrement souillés par des matières organiques.

Ainsi, cette situation favorisait une transmission continue des maladies au sein de la garnison militaire. Les chercheurs suggèrent que la gestion des déchets restait un défi insurmontable pour l’époque. La promiscuité des soldats accélérait la propagation de ces infections intestinales particulièrement invalidantes au quotidien.

L’Ascaris présent dans 22% des échantillons : l’échec des innovations techniques romaines à Vindolanda.

Le paradoxe de Vindolanda réside dans la coexistence de systèmes de drainage élaborés et d’une hygiène défaillante. Les Romains ont apporté les aqueducs et les thermes dans les provinces conquises. Cependant, l’étude démontre que ces innovations techniques n’ont pas suffi à briser le cycle des infections.

Les analyses révèlent la présence d’Ascaris dans vingt-deux pour cent des échantillons prélevés sur le site. Ces vers ronds se transmettent par voie fécale-orale via les aliments ou les surfaces souillées. Dans ce contexte, la propagation des pathogènes était inévitable malgré l’évacuation des eaux usées.

Entre 10 et 40% de la population romaine infectée : le fardeau sanitaire constant des garnisons

Le fort de Vindolanda abritait également les familles des soldats, incluant des femmes et de jeunes enfants. Les fouilles ont mis au jour des chaussures et des bijoux prouvant cette mixité démographique. Par conséquent, les infections parasitaires touchaient toutes les strates de la population impériale.

Selon Piers Mitchell, les enfants étaient les plus exposés aux conséquences graves de ces maladies chroniques. Une infection peut entraîner une déshydratation sévère, de l’anémie et des retards de croissance. Ces données suggèrent que la vie était marquée par un fardeau sanitaire constant.

Les chercheurs estiment qu’entre dix et quarante pour cent de la population romaine globale était infectée. Une incertitude demeure toutefois sur l’origine porcine de certains parasites trouvés dans les sédiments. En attendant des analyses génétiques, cette étude confirme que la lutte contre les parasites était perdue d’avance.

Par Eric Rafidiarimanana, le

Source: science-et-vie.com

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